Le Crédit Mutuel Nord Europe pourrait profiter de la recomposition du marché belge
Le Crédit Mutuel aime décidément les filiales étrangères de Citigroup. Après le rachat mi-2008 des activités du groupe américain en Allemagne par la fédération de Strasbourg, celle de Lille lorgnerait aujourd’hui Citibank Belgium, selon le quotidien De Tijd. Le Crédit Mutuel Nord Europe, déjà implanté outre-Quiévrain auprès des professionnels et des entreprises à travers la BK CP, est cité parmi les repreneurs potentiels. L'établissement français ne fait pas de commentaires.
«Nous avons des discussions avec plusieurs parties intéressées dont nous ne pouvons pas dévoiler l’identité», indiquait hier à L’Agefi un porte-parole de Citibank Belgium. La banque belge est logée depuis près de deux ans dans Citi Holding, la structure qui rassemble les actifs non stratégiques du géant américain, et a donc vocation à sortir du périmètre du groupe. Un mandat de cession aurait été confié avant l’été à BNP Paribas.
Seule l’activité de banque des particuliers est à vendre, Citigroup entendant conserver le corporate banking. La filiale revendique 200 agences et quelque 560.000 clients. Elle affichait fin 2010 un total de bilan de 3 milliards d’euros et a dégagé l’année dernière un produit net bancaire en légère baisse, à 223 millions.
Après deux années de pertes, Citibank Belgium a tout juste équilibré ses comptes. La filiale porte encore le boulet de l’affaire Lehman Brothers: elle avait en effet vendu à sa clientèle des produits structurés de la banque d’affaires américaine avant que cette dernière ne fasse faillite en septembre 2008. «Il est certain que cette affaire a porté un coup très dur à la réputation de la banque», reconnaissait cette dernière dans son rapport annuel 2009. Début 2010, elle a trouvé un accord avec le cabinet Deminor pour dédommager l’ensemble de ses clients. Mais elle a été condamnée fin 2010 par la justice pour tromperie, une décision dont elle a fait appel.
Crise financière aidant, la banque de détail belge est entrée dans une phase de recomposition dont profitent les voisins français. Outre le rachat de Fortis par BNP Paribas, des établissements plus petits changent de main. En mars, KBC a ainsi cédé sa filiale Centea pour 527 millions d’euros au Crédit Agricole de Belgique, dont le capital est contrôlé à 50% par son homonyme français, en particulier à travers ses caisses Nord de France et Nord Est.
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