Le Crédit Foncier veut couvrir 10% de son financement grâce aux particuliers
Le Crédit Foncier effectue un retour aux sources. Pour la première fois depuis 2002, la filiale à 100% du groupe BPCE a décidé de lancer un emprunt obligataire auprès des particuliers dont la souscription débutera le 13 janvier sur une durée de quatre semaines. L'émission offrira un taux fixe brut de 4,25% sur une maturité de 6 ans avec un remboursement total du capital à échéance. Les souscripteurs auront la possibilité de sortir de l’obligation avant échéance en supportant le risque d’une montée des taux. Natixis a été mandaté pour être l’animateur de marché de cette opération, et garantir la liquidité des titres qui bénéficieront d’un marché secondaire.
Le vaste réseau des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires ne sera pas sollicité. Le produit sera intégrable au sein de comptes titres ouverts en France dans l’ensemble des établissements financiers et via un site internet dédié visant à faciliter la souscription des particuliers, avec notamment un simulateur de placement. Alors que le Crédit Foncier a été recapitalisé à hauteur de 1,4 milliard par sa maison mère BPCE, son nouveau directeur général, Bruno Deletré, a indiqué hier lors de la présentation de l’émission que «la stratégie du Crédit Foncier est désormais de concentrer ses efforts sur la France et sur l’économie nationale». Les fonds levés serviront ainsi au financement d’infrastructures publiques et de projets immobiliers.
Avec un montant minimum de souscription de 100 euros, le Crédit Foncier souhaite ratisser large et élargir ses sources de financement dans un contexte tendu. Si la banque se refuse à fixer des objectifs en terme de montant, le groupe compte réaliser d’autres opérations de même type dans les mois à venir qui devraient lui permettre de lever auprès des particuliers un milliard sur l’année 2012, soit 10% de son programme. L’établissement a fixé ses besoins de financement à 10 milliards d’euros pour l’année 2012, un niveau équivalent à celui de 2011 après 18,7 milliards en 2010.
La banque a dû payer un spread de 190 pb (soit un taux actuariel de 4,3%) lundi lors d’une émission d’un milliard d’euros à 10 ans. Un taux qui reste cependant plus attractif que celui servi pour l’émission auprès des particuliers. L’établissement a par ailleurs confirmé hier avoir participé a l’opération de refinancement à 3 ans de la BCE mais s’est refusé, comme ses consœurs, à indiquer à quelle hauteur.
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