Le Crédit Foncier paie la hausse du coût du risque immobilier
Le Crédit Foncier avait annoncé la couleur. Il prévoyait des pertes en 2013, en raison de l’accélération de son programme de cession d’actifs non stratégiques. Sur ce plan, la filiale de BPCE a tenu parole, avec un résultat avant impôt négatif de 208 millions d’euros, dont 146 millions de moins-values nettes imputables à des ventes de titres – notamment des parts de titrisations – et au rachat des passifs correspondants.
En revanche, les comptes annuels que le groupe a publiés le 19 février au soir font apparaître un élément inattendu: le quasi-doublement du coût du risque.
Ce dernier est passé de 130 millions à 250 millions en un an. En 2011, retraité des pertes subies sur les emprunts d’Etat grecs que la banque détenait, la charge du risque atteignait 149 millions.
Cette aggravation est due à deux éléments, explique le spécialiste de l’immobilier, joint par L’Agefi. Sur le portefeuille d’actifs internationaux, une provision générique de 51,5 millions d’euros a été constituée. Elle est censée couvrir un risque de perte dans un scénario de stress macroéconomique très poussé. En revanche, les tests de dépréciation pratiqués sur ce portefeuille géré en extinction n’ont donné lieu à aucune provision individuelle.
Une bonne partie de la hausse provient en outre de l’activité de crédit immobilier aux ménages. Etonnant, alors que les banques françaises et leur tutelle répètent à l’envi que ce métier est historiquement peu risqué en France, l’octroi du crédit étant basé sur les capacités de remboursement de l’emprunteur.
Explication: le Crédit Foncier a durci ses méthodes de provisionnement pour les dossiers de particuliers qui entrent en phase contentieuse. Un choix qui n’aurait pas de lien avec les récentes recommandations de l’Autorité bancaire européenne (EBA) sur le provisionnement des créances douteuses, publiées à l’approche des tests de résistance bancaire en Europe. Le Crédit Foncier a décidé de déprécier davantage la valeur du bien des emprunteurs lorsqu’un dossier est transféré au contentieux.
Le prêteur évoque «le contexte actuel de marché immobilier incertain», une référence à la baisse des prix constatée depuis 2012 en France et qui rogne la valeur des sûretés. Alors que S&P prévoit encore un recul de 4% des prix de l’immobilier résidentiel cette année dans l’Hexagone, la filiale de BPCE publiera ses propres estimations le 5 mars.
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