Le Crédit Agricole réorganise son affacturage en Europe
C’est une petite révolution qui vient de s’opérer chez Credit Agricole Leasing & Factoring (CAL&F). La société a lancé une plateforme d’affacturage paneuropéenne pour le financement des créances clients des entreprises. Depuis le début de l’année, les pays d’Europe dans lesquels le groupe est présent utilisent tous le même outil. Ce qui pourrait ressembler à une simple réorganisation interne du système informatique se révèle beaucoup plus structurant pour cette activité. Cette plateforme permet en effet à CAL&F de mutualiser tous les financements proposés aux entreprises européennes et de ne plus être freiné par la taille de ses implantations locales.
« La plateforme nous permet de développer nos facultés à accompagner les entreprises dans leurs opérations hors de leurs frontières, y compris dans des pays où nous étions encore limités dans nos capacités », explique à L’Agefi Frédéric Madalle, directeur général adjoint de CAL&F.
Les entreprises restent en relation avec les équipes commerciales locales de la filiale du Crédit Agricole, mais la négociation et la gestion de leur programme d’affacturage est dorénavant centralisée, avec un contrat unique conclu avec CAL&F France. C’est aussi en France que seront calculés les engagements du groupe. « Cette plateforme allie la proximité des équipes locales avec les entreprises et des équipes centrales qui permettent d’offrir un service de dimension internationale », déclare Frédéric Madalle.
La volonté de créer une plateforme unifiée n’est pas nouvelle. « C’est un projet sur lequel nous travaillons depuis trois ans », note Frédéric Madalle. Son déploiement aura mis deux ans. Dorénavant, le système d’affacturage IMX de l’éditeur de logiciel Codix qu’a choisi CAL&F peut être utilisé aussi bien pour les opérations d’affacturage locales qu’internationales. Si des équipes ont dû être déployées pour gérer cette plateforme, l’investissement initial, de 10 millions d’euros sur deux ans, reste tout à fait raisonnable à l’échelle du groupe.
Cette nouvelle organisation doit permettre au factor de capter des parts de marché dans les différents pays européens où il est présent: outre la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Italie, la Pologne et le Portugal. S’il affiche une part de marché en affacturage d’environ 13% en France et de 6% en Allemagne, il ne contrôle par exemple que 2% du marché italien, qui pourrait constituer une de ses prochaines cibles.
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