Le Crédit Agricole fait un nouveau pas dans la mue de son bilan
La banque française a finalisé la cession au fonds d’investissement américain BlueMountain d’un portefeuille de crédits structurés logés dans sa filiale de financement et d’investissement, Crédit Agricole CIB. Ce portefeuille, qui a cessé toute activité depuis trois ans, comprend plusieurs milliers de contrats dérivés indexés sur des obligations «corporate» (CDS et CDO) amassés entre 2004 et 2007 et qui expirent dans les six prochaines années. Le Crédit Agricole conserve néanmoins son risque de contrepartie sur ces actifs et fournira des facilités de liquidités destinées à financer les besoins en capitaux à court terme. Andrew Feldstein, directeur général de BlueMountain, indique au Financial Times que «cette transaction s’effectue dans le cadre d’une tendance de marché qui veut que les banques telles que le Crédit Agricole transfèrent leur risque de crédit à des sociétés spécialisées comme BlueMountain».
De son côté, Jean-Yves Hocher, le directeur général de CA-CIB explique au Financial Times que «la plupart des banques d’Europe de l’Ouest doivent faire face à un manque de liquidités et un besoin de réduction du risque». Il précise en outre que cette cession permettra d’abaisser le risque des actifs pondérés du groupe de quelque 14 milliards d’euros, afin de renforcer la solidité de ses fonds propres. Sur l’année 2011, le groupe a réduit ses actifs pondérés d’un total de 8 milliards d’euros, ce qui lui a permis d’atteindre un ratio 8,6 % au 31 décembre, en progression de 20 points de base par rapport au 31décembre 2010 et en baisse de 20 points de base par rapport au 30 septembre 2011.
Plus tôt hier, le groupe Crédit Agricole avait donné des précisions dans un communiqué sur ses résultats pour le premier trimestre 2012. L’extension du deuxième plan d’aide à la Grèce à certaines entreprises publiques grecques contraint la banque à passer des provisions supplémentaires sur les crédits consentis par sa filiale Emporiki à trois entreprises publiques (Hellenic Railways, Hellenic Defense Systems et Athens Urban Transport). La banque précise que l’exposition d’Emporiki aux trois entreprises s'élevait à 415 millions d’euros au 31 décembre dernier. Elle souligne également qu’elle a intégralement déprécié pour 130 millions d’euros d’impôts différés d’Emporiki. En revanche, elle réalisera un profit exceptionnel de 550 millions d’euros lié à des rachats de dettes subordonnées réalisés début 2012.
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