Le Crédit Agricole devrait voir la facture s’alourdir sur Emporiki
Le Crédit Agricole risque de devoir remettre la main au portefeuille afin de solder son aventure grecque. La banque verte, qui a déjà réalisé l’été dernier une augmentation de capital de 2,3 milliards d’euros pour Emporiki, devrait injecter entre 600 et 700 millions d’euros additionnels dans sa filiale grecque avant de la céder, selon des sources proches du dossier citées par le Wall Street Journal.
Cette information, sur laquelle le Crédit Agricole n’a pas souhaité faire de commentaires, ne constitue pas une réelle surprise pour le marché, plusieurs analystes ayant anticipé un renflouement d’un montant supérieur. Les régulateurs «devraient demander au Crédit Agricole d’injecter 1,4 milliard d’euros de capital additionnel dans Emporiki avant une éventuelle cession en vue de conserver un ratio core tier one minimum de 6% à fin 2014 (contre un ratio de 15% à fin juin 2012, ndlr)», estimait même début septembre Morgan Stanley. Le courtier prévoit l’enregistrement d’une perte globale de l’ordre de 3 milliards d’euros pour la banque grecque d’ici à fin 2014.
En cas de réinjection de 600 à 700 millions d’euros dans la filiale grecque, «la perte comptable s’élèverait à 3,3-3,4 milliards d’euros» pour le Crédit Agricole, indique Kepler, soulignant que la valeur comptable d’Emporiki avant cette éventuelle recapitalisation atteignait 2,7 milliards d’euros.
Selon le Wall Street Journal, le Crédit Agricole devrait par ailleurs s’engager à assurer la liquidité de sa filiale en maintenant ouverte sa ligne de crédit durant trois années supplémentaires. Cette ligne, de 2,3 milliards d’euros à fin juin, «s’élèvera à 1,2-1,3 milliard d’euros» après plusieurs opérations telles que le transfert d’une partie du portefeuille de l’activité de financement de bateaux d’Emporiki au sein de Crédit Agricole SA, indique Kepler.
Alors que le Wall Street Journal indique qu’une décision sur la vente d’Emporiki est attendue cette semaine et pourrait intervenir dès mercredi dans le cadre d’une réunion du conseil du Crédit Agricole, «aucun conseil n’est pour le moment prévu à cette date», indique à L’Agefi une source proche du dossier. Trois banques grecques (National Bank, Eurobank et Alpha Bank) candidates au rachat d’Emporiki ont indiqué mi-septembre avoir soumis des offres révisées incluant des garanties au Crédit Agricole.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien