Le coût de la réglementation s’installe dans l’horizon des banques
En l’espace de quelques semaines, les mésaventures américaines de BNP Paribas et, dans une moindre mesure, de Deutsche Bank ont remis le sujet du coût des réglementations en lumière.
Suite à sa condamnation par la justice à payer 8,97 milliards de dollars pour avoir effectué des transactions en dollars avec des pays sous embargo, l’établissement français s’est engagé dans une remise à plat d’envergure de ses contrôles internes outre-Atlantique. Coût estimé de ce «plan de remédiation»: 200 millions de dollars.
La banque allemande, quant à elle, s’est engagée à revoir la conformité de ses contrôles et de ses technologies suite à l’avertissement sans frais de la Réserve fédérale de New York. Elle compte y consacrer un milliard d’euros et 1.300 collaborateurs, rappelle Exane BNP Paribas dans une étude sur les résultats trimestriels des banques européennes parue le 13 août.
Même si, dans le cas de Deutsche Bank, le courtier estime que ce coût est absorbable, la tendance à l’hyperréglementation devrait peser de manière durable sur les politiques de contrôle des coûts du secteur. «Au premier trimestre, une maîtrise des coûts a compensé la faible génération de revenus dans les banques. Ça n’a plus été le cas au trimestre suivant, où les frais ont progressé de 4%. […] Cette tendance est liée au nouvel environnement réglementaire, qui induira certainement des coûts supplémentaires jusqu’à ce que les régulateurs estiment que les banques sont efficacement dirigées de leur point de vue», indiquent les analystes.
Nul besoin d’ailleurs de traverser l’Atlantique pour s’en apercevoir. La quasi-totalité des banques françaises ont évoqué le plafonnement des frais d’intervention ou la suppression des commissions interbancaires pour expliquer tout ou partie de la baisse de leurs revenus issus des commissions.
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