Le Comité de Bâle cherche un difficile compromis
Achever la réforme des règles de Bâle avant la fin de l’année. Tel est le défi du Comité de Bâle, qui se réunit les 4 et 5 octobre en Suisse, avant une dernière séance prévue en décembre. La réunion de cette semaine ne sera pas conclusive, tant le sujet des «floors», le plancher des exigences en capital imposées aux banques, divise les membres de l’institution, notamment les Etats-Unis et l’Europe. La semaine dernière, Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société Générale, a estimé «à 50-50» la probabilité d’un accord en 2017. A l’origine, le Comité de Bâle espérait conclure fin 2016. La levée de boucliers des Européens, et le flottement côté américain après l’élection de Donald Trump, expliquent cet enlisement.
Le débat «reflète des vues assez différentes entre superviseurs et régulateurs du monde entier», a souligné vendredi Adam Farkas, numéro deux de l’Autorité bancaire européenne, lors d’une conférence à Vienne. «Pour nous, la première priorité est de conserver autant que possible la sensibilité au risque du cadre en capital des banques européennes.»
Rejet du «floor» par certains acteurs en Europe
Le secrétariat du Comité de Bâle souhaite un «floor» élevé, aujourd’hui proposé à 75% : il signifie que les actifs pondérés par le risque (RWA) calculés grâce aux modèles internes des banques ne peuvent être inférieurs à 75% du montant obtenu par une approche standard. Le concept tend donc à gommer la prise en compte du risque dans le calcul des exigences en capital. «Si une banque est contrainte par des mesures insensibles au risque, elle a une incitation à prendre plus de risque au bilan», souligne Adam Farkas.
D’inspiration américaine, le «floor» est rejeté en bloc par certains acteurs en Europe, quand d’autres voudraient le fixer à 70%. Les sommes en jeu sont colossales, mais les nouvelles règles sont censées s’appliquer progressivement de 2021 à 2025. «A 75%, pour les banques européennes, le ratio de solvabilité CET1 serait amputé de 190 points de base en agrégé», calculent les analystes crédit de Natixis dans une note publiée le 28 septembre sur la base d’un échantillon de 21 groupes. En France, le plus affecté serait la Banque Fédérative du Crédit Mutuel, qui perdrait plus de 4 points de capital excédentaire.
Plus d'articles du même thème
-
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local. -
Le Japon doit gérer une relance économique sous contrainte démographique
Le rapport de l’OCDE sur l’économie japonaise recommande une politique de modernisation afin de stimuler la croissance et la productivité d’un pays vieillissant et en manque de main-d'œuvre. -
L'Efama juge que les futures règles anti-blanchiment menacent la distribution de fonds européens
L’autorité de la lutte contre le blanchiment d’argent (Amla) vient de clôturer sa consultation publique sur le projet de standards techniques réglementaires européens (RTS) sur les obligations en matière de due diligence sur la clientèle.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran