Le champ de l’interdiction d’opérer de BNP Paribas reste au cœur du litige américain
Les nouvelles révélations du Wall Street Journal à l’égard de BNP Paribas hier n’ont pas provoqué de réactions notables en Bourse. L’action a évolué dans une fourchette située entre -1,2% et +0,7%, pour terminer la séance quasiment inchangée par rapport à la clôture de vendredi (-0,12% à 51,13 euros).
Le quotidien affirme que la banque française et les procureurs américains (qui la poursuivent au pénal pour avoir dissimulé des transactions avec des pays sous embargo) sont parvenus aux grandes lignes d’un accord – lequel pourrait être annoncé début juillet. L’établissement n’a fait aucun commentaire.
Selon le WSJ, les juges auraient obtenu que BNP Paribas, au terme d’un plaider coupable, écope d’une amende de 8 à 9 milliards de dollars et d’une interdiction de réaliser des transactions en dollars pendant «plusieurs mois». En outre, le départ d’une trentaine de cadres de la banque serait accepté (la plupart d’entre eux auraient déjà quitté le groupe).
La justice américaine aurait inspecté au total une centaine de milliards de dollars de transactions, avant d’estimer qu’une trentaine de milliards aurait été volontairement dissimulées pour éviter les sanctions.
Au-delà de l’aspect strictement pécuniaire (qui reste absorbable même si la nouvelle a fait chuter les futures sur dividende de BNP Paribas de 30% en journée sur Eurex), le marché craint surtout les conséquences d’une limitation ou d’une interdiction d’activités sur le sol américain. L’établissement dispose d’une importante banque d’investissement – indispensable pour exercer une activité mondiale sur les marchés – et d’une filiale de banque de détail non négligeable non plus (BancWest).
Sur ce point, les analystes restent prudents, à défaut d’informations définitives. «La sévérité de la peine se confirme, avec une interrogation majeure qui subsiste: l’interdiction de financer des opérations en dollars s’appliquera-t-elle à toute la banque ou à un périmètre restreint? En fonction de la réponse, certains clients pourraient décider de mettre les voiles», écrit Tangi Le Liboux, stratégiste chez Aurel BCG.
Le terme choisit par le Wall Street Journal est ambiguë. Le quotidien évoque «une interdiction visant la capacité de la société à mener des transactions en dollars». Une éventualité qui serait très dommageable à BNP Paribas. «Il n’a jamais été question d’interdire toutes les transactions en dollars, mais des opérations de compensation», tempère un observateur.
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