Le bénéfice net de BBVA affecté par les provisions au troisième trimestre
Au troisième trimestre, le bénéfice net du numéro deux bancaire espagnol a chuté de 82% à 146 millions d’euros. BBVA a mis de côté 1,6 milliards d’euros pour assainir son portefeuille de crédits douteux et d’actifs immobiliers et a intégré l’ancienne caisse d’épargne Unnim dans ses comptes. Sur les neuf premiers mois de l’année, le résultat a fondu de presque de moitié à 1,7 milliards d’euros.
Sur cette même période, le groupe a provisionné 6,57 milliards d’euros, «couvrant deux tiers des provisions exigées par les décrets royaux», a souligné Angel Cano, le directeur général de BBVA, soit 65% des besoins d’assainissement requis par les autorités espagnoles. A remarquer que le niveau de provisions réalisé pendant ce trimestre est bien en dessous des 90% couverts par Banco Santander et des 80% par Caixabank, ce qui lui a permis d’afficher une chute de son bénéfice net moins forte que celles de ses rivales. Au quatrième trimestre, BBVA devra donc encore provisionner 1,56 milliard d’euros.
Angel Cano s’est félicité des résultats «solides» du groupe qui «ont permis de satisfaire les exigences des régulateurs». Le bénéfice de BBVA avant provisions a progressé sur l’année de 16,1% à 9 milliards d’euros. Tout comme Santander, BBVA se sauve grâce au dynamisme de ses filiales à l’étranger. En Turquie, son bénéfice a augmenté de 13% à 813 millions d’euros mais c’est de loin au Mexique (1,3 milliards d’euros, +4%) et en Amérique Latine (+24% à 1,014 milliards d’euros) que le groupe génère les meilleurs résultats.
C’est en Espagne que le groupe a le plus de difficultés et le rachat d’Unnim, qui bien que qualifié de «positif» par Angel Cano, a pesé sur ses résultats. Son intégration a généré une perte en Espagne de 532 millions d’euros et fait grimper de 0,8 points le taux de créances douteuses à 6,5%, tout en restant cependant en dessous de la moyenne nationale de plus de 10%. Sur l’ensemble du groupe, le taux de crédits susceptibles de ne pas être remboursés est passé de 4,1% à 4,8% en un an.
Le rachat d’Unnim a également fait augmenter l’exposition de BBVA à la dette espagnole à 3,5 miliards d’euros, ce que Nuria Alvarez de Renta 4 considère comme l’un des points faibles de ses résultats. Selon le quotidien El País, sans «l’intégration dans les comptes de 3,7 milliards d’euros provenant d’Unnim, BBVA aurait réduit légèrement son exposition à la dette souveraine».
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