L’Autorité bancaire européenne veut accroître la crédibilité des tests de résistance
Echaudée par les critiques ayant entouré la publication de la dernière vague de stress tests en 2011, l’Autorité bancaire européenne (EBA) veut redoubler de vigilance. Elle a fait part hier du report de la prochaine mouture, initialement prévue pour cette année, à 2014. Un sursis qui doit être mis à profit pour évaluer la qualité des actifs des grandes banques européennes dans un contexte macroéconomique difficile. «Les inquiétudes persistent sur la qualité des actifs et les mesures de tolérance (forbearance)», a expliqué Andrea Enria, président de l’EBA. «C’est également une précondition nécessaire pour assurer la crédibilité des prochains tests de résistance à l'échelle de l’Europe», a-t-il poursuivi.
L’exercice vise dans le même temps à préparer le terrain pour la Banque centrale européenne qui assurera la supervision des établissements de la zone euro dans le cadre d’une première étape de l’union bancaire. «Nous voulons savoir quels types de banques nous supervisons», a ainsi déclaré cette semaine Joerg Asmussen, membre du directoire de la BCE. La mise en oeuvre de ce mécanisme unique de supervision est un prérequis pour que les banques puissent recevoir une aide directe du Mécanisme européen de stabilité. Il reviendra donc à l’institut d'émission de réaliser ce travail d'évaluation pour les établissement des dix-sept pays engagés dans cette voie. Pour les banques des dix autres pays membres, les régulateurs nationaux seront mis à contribution. L’EBA a indiqué qu’elle cherchait à «aligner sa méthodologie et son calendrier» sur les futures évaluations menées par la BCE.
Même si les résultats de cet exercice devraient être publiés en même temps que ceux des stress tests, l’EBA diffusera au cours du second semestre de cette année des données sur l’exposition du secteur bancaire européen afin de garantir une transparence et une comparabilité au fil des ans. En 2011, les stress tests avaient révélé l'échec de huit établissements avec un déficit en fonds propres de 2,5 milliards d’euros. La banque franco-belge Dexia avait réussi l’examen de passage avant d'être victime trois mois plus tard de la crise en zone euro.
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