L’Autorité bancaire européenne accorde un délai au secteur

L’EBA a promis aux banques allemandes un report de la date butoir pour présenter leurs plans de recapitalisation
Alexandre Garabedian

Censées présenter avant Noël à leur tutelle nationale leurs plans de recapitalisation, les banques européennes devraient obtenir un sursis. C’est du moins ce qu’aurait promis Andrea Enria, le président de l’Autorité bancaire européenne (EBA), dans un courrier adressé aux établissements allemands, dont Reuters a eu copie. Outre-Rhin, la fédération bancaire (BdB) réclame depuis plusieurs semaines le report de la date butoir au 13 janvier. Vendredi, les valeurs bancaires ont terminé sur de nettes hausses, dans un climat plus positif sur la résolution de la crise en zone euro.

Ce report serait logique dans la mesure où l’EBA a elle-même retardé la publication de ses exigences, prévue à l’origine courant novembre. L’Autorité devrait finalement dévoiler cette semaine, avant le Sommet européen de vendredi, le résultat de ses calculs. Le 26 octobre, elle avait chiffré à 106 milliards d’euros les besoins en capitaux de 70 banques d’ici à fin juin 2012. Des calculs basés sur les expositions à la dette souveraine au 30 juin 2011, mise à leur valeur de marché au 30 septembre. Les résultats définitifs, eux, seront fondés sur les expositions de fin septembre, toujours avec les mêmes valeurs.

L’exercice a donné lieu à une passe d’armes en Allemagne. Selon la presse d’outre-Rhin, Commerzbank, Deutsche Bank, LBBW, NordLB et DZ Bank devraient trouver un total de 9,6 milliards d’euros pour respecter les objectifs de fonds propres fixés par l’Union européenne à mi-2012, contre une estimation initiale de 5,18 milliards.

Cet alourdissement ne laisse pas d’étonner leurs concurrents: aucun établissement n’ayant renforcé ses positions de dette souveraine entre juin et septembre, la dégradation provient d’éléments techniques. L’EBA pourrait avoir durci ses critères sur la prise en compte de la dette hybride dans le capital. Certains observateurs s’interrogent aussi sur le traitement des CDS, que les banques allemandes ont largement utilisés pour diminuer leur exposition aux emprunts d’Etat périphériques: les contrats n’ayant pas vocation à être déclenchés dans le cas de la Grèce, les superviseurs peuvent-ils encore les considérer comme une protection ? Enfin, dans le cadre de cet exercice prudentiel, les banques allemandes n’ont pu enregistrer les plus-values réalisées sur leurs Bunds qu’à concurrence des moins-values latentes sur les autres dettes.

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