L’augmentation de capital de Popolare di Milano pourrait ne pas suffire
Contrainte par la Banque d’Italie à faire appel au marché, Banca Popolare di Milano (BPM) a fixé vendredi le prix de souscription de son augmentation de capital de 800 millions d’euros à 0,30 euro par action. Ce prix correspond à une décote de 40,3% par rapport au cours théorique ex-droit de souscription. Les actionnaires de la banque italienne se verront proposer 138 nouvelles actions ordinaires pour 25 actions existantes et les détenteurs des obligations «Convertendo BPM 2009-2013 – 6,75%» recevront 92 actions pour chaque titre. Ces derniers pourront souscrire dès aujourd’hui et jusqu’au 11 novembre. Une période étendue au 18 novembre pour les actionnaires.
Selon Fidentiis Equities repris par Bloomberg, l’ampleur de la décote, plus importante que prévu, montre que la banque nourrit des inquiétudes quant à l’attrait des investisseurs pour son offre. Cette levée de fonds devrait notamment donner un premier aperçu de l’appétit du marché pour souscrire à des levées de fonds de banques italiennes. D’autant que d’autres opérations de ce type pourraient avoir lieu après les récents stress tests de l’Autorité bancaire européenne qui évaluent à 14,8 milliards le déficit en capital de quatre grands établissements nationaux.
Après avoir perdu 40% de sa valeur en Bourse, BPM, qui prévoyait initialement de lever 1,2 milliard d’euros, avait dû revoir ses ambitions à la baisse en septembre. Le montant final de l’opération reste néanmoins très supérieur à sa capitalisation boursière de 608 millions d’euros en clôture vendredi, au terme d’une séance de baisse de 9,6% de son action. De quoi diluer massivement ses actionnaires.
Mais pour le cabinet d’analyse Intermonte, les 800 millions annoncés ne seront pas suffisants pour renforcer le capital de manière appropriée. En tenant compte de cette opération, BPM évalue à 8,7% son ratio de fonds propres core tier one à fin 2013. Or, cette estimation prend également les hypothèses de croissance de son plan stratégique à fin 2015, jugées trop optimistes par la plupart des analystes.
L’augmentation de capital est garantie par Barclays, BNP Paribas, Mediobanca, Nomura, Santander, la Société Générale et RBS en tant que teneurs de livre et par ING Bank en tant que co-teneur de livre. Ces établissements se sont donc engagés à souscrire à toutes les actions qui ne trouveraient pas preneur.
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