L’assurance vie mise sur le contrat eurocroissance pour rebondir
L’assurance française a maintenu l’an dernier son niveau de profits, à 5,8 milliards d’euros, mais l’hémorragie de l’activité vie a été plus forte qu’attendu. La décollecte a finalement atteint 6,5 milliards d’euros en 2012, davantage que les 3,4 milliards avancés en janvier par la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA). Le chiffre reste «faible par rapport aux 1.400 milliards d’encours mais c’est la première fois historiquement que nous avons une collecte négative», a rappelé hier Bernard Spitz, président de la FFSA.
Depuis le début de l’année, «l’assurance vie retrouve des couleurs» avec 8,1 milliards de flux net à fin mai, mais les versements nets (cotisations moins prestations versées) ont ralenti en mai, à 200 millions d’euros seulement. Ils restent aussi très faibles par rapport aux années antérieures et face au Livret A et au Livret de développement durable qui ont drainé 21,1 milliards d’euros depuis janvier.
Tous produits confondus, les flux de placements financiers des ménages ont d’ailleurs continué de diminuer. L’an dernier, ils ont placé 74,8 milliards d’euros (-17%), soit «le montant le plus faible observé depuis le début des années 2000», a déploré Jean-François Lequoy, directeur général de la FFSA.
Pour inverser la tendance et soutenir le financement de l’économie, les assureurs placent donc beaucoup d’espoirs dans le contrat eurocroissance préconisé par le rapport Berger-Lefebvre, «une idée d’avenir» qui mêlerait garantie en capital à la sortie et rendement attractif des unités de compte. Ils n’ont toutefois pas encore de visibilité sur ses modalités, qui seront débattues à l’occasion de la loi de finances 2014.
En dommages, les cotisations ont progressé de 2,5% depuis cinq mois, après une hausse de 3% l’an dernier portée par les multirisques habitation (+6,2%). Pour ces dernières, le ratio combiné (sinistres et frais / cotisations) était toutefois passé dans le rouge, à 105 % (+5 points de base). Les catastrophes naturelles pourraient le dégrader encore davantage : les inondations dans le Sud-Ouest vont coûter 300 à 350 millions d’euros et les épisodes de grêle 150 à 200 millions, a indiqué Bernard Spitz.
Enfin, l’équilibre est fragile dans l’assurance construction où les cotisations ont progressé de 1% depuis janvier après un repli de 2,8 % l’an dernier, bien supérieur à l’estimation faite antérieurement (-1%).
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