Des députés proposent d’aménager les accords de Bâle 3 lors de leur transposition en droit français. Finance Watch appelle à rejeter cette proposition.
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Franck Joselin
L’Assemblée nationale doit débattre aujourd’hui à 15h de cette proposition de résolution concernant Bâle 3.
-
Photo Assemblée nationale.
Le texte n’a pas de réelle portée juridique, mais c’est avant tout un signal que veulent envoyer 66 députés, pour la plupart issus de la majorité, au monde bancaire. L’Assemblée nationale doit débattre aujourd’hui à 15h sur une proposition de résolution enjoignant au gouvernement d’aménager les derniers accords de la réglementation Bâle 3 lors de leur transposition en droit français. Cette résolution, même si elle est votée, ne constitue qu’un «acte par lequel l’Assemblée émet un avis sur une question déterminée», rappelle l’institution. Il n’empêche, son adoption affirmerait la désapprobation du parlement sur certains points de cet accord technique conclu en décembre 2017.
Depuis plusieurs mois déjà, le gouvernement affirme sa volonté de ne pas désavantager les banques européennes, et plus particulièrement françaises, par rapport aux banques américaines. Les dispositions de Bâle 3 imposent en effet des exigences de fonds propres accrues pour les établissements européens. Ceci est notamment lié aux différences structurelles de financement des acteurs économiques entre les deux zones. Alors que les entreprises américaines passent majoritairement par les marchés financiers pour se financer, le texte de la résolution rappelle, par exemple, que «les banques européennes assurent aujourd’hui 75% des besoins de financement de l’économie».
Ce projet de résolution appelle, lors de la transposition du texte en droit français, à «la réalisation des ajustements nécessaires pour, notamment, ne pas augmenter significativement les exigences de fonds propres globales des banques européennes, et préserver le coût réglementaire du financement des secteurs les plus menacés par le texte actuel d’une part ; assurer un niveau de contrainte commensurable à celui des banques américaines, et prendre en compte la spécificité des modalités de financement en France et en Europe d’autre part».
Les banques américaines déjà contraintes par des règles plus strictes
Selon le texte du projet de résolution, certaines études d’impact ont conclu à un besoin de 24% de fonds propres supplémentaires de la part des banques européennes, soit 400 milliards d’euros de fonds propres additionnels d’ici à 2027, alors que pour les structures américaines, ces besoins supplémentaires ne seraient que de 1,5%. La proposition de résolution estime donc que «les conséquences de la transposition en l’état, en droit européen et français, de l’accord de Bâle seraient donc particulièrement sévères, à la fois sur le financement de l’économie et sur la compétitivité et la souveraineté du système financier français et européen».
Certaines voix s’élèvent contre cette résolution. C’est le cas de l’organisation Finance Watch. Thierry Philipponnat, son directeur de la recherche, estime que «ne pas finaliser les accords de Bâle 3 serait une erreur. Ils ont pour objectif de contribuer à créer un système bancaire mondial stable avec des banques bien capitalisées». Et d’affirmer que «si les conséquences de Bâle 3 sont plus importantes sur les capitaux des banques européennes que sur les banques américaines, c’est parce que ces dernières sont déjà contraintes par des règles plus strictes».
Ces propos font écho à ceux de François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, qui a aussi une position tranchée sur le sujet. Il affirmait ainsi, à la fin du mois de novembre que ne pas transposer les règles de Bâle 3 serait «très grave».
Le leader mondial de la gestion d’actifs renforce sa présence dans la finance tokenisée en lançant deux nouveaux fonds. Cette initiative vise à connecter davantage les marchés monétaires traditionnels aux infrastructures blockchain.
Le seuil de prise de participation déclenchant l'arbitrage du ministère de l'économie pour un investisseur non européen est abaissé à 10%, contre 25% auparavant.
Allié marocain choyé, rival espagnol isolé, Europe divisée, argument de campagne tout trouvé : la crise dans l'enclave ibérique arrange bien Washington
À Reims, la plus ancienne maison de Champagne a fait quelque chose d'inattendu : elle a planté des arbres, commandé des sculptures, construit un pavillon signé Sou Fujimoto — et invité Tadashi Kawamata à percher des cabanes dans les branches. Une visite qui se mérite, et ne s'oublie pas.
« Spider-Man : Brand New Day » réussit le titre de meilleur démarrage depuis la pandémie de Covid, et le deuxième dans l’histoire du cinéma. En face, « l’Odyssée » de Nolan devrait dépasser le milliard de dollars de recettes