L’ASN fait avancer d’un cran la recapitalisation d’Areva
L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné cet après-midi un feu vert de principe à la mise en service de la cuve du réacteur nucléaire de type EPR en cours de construction à Flamanville (Manche), prévenant toutefois que le couvercle de cet équipement ne pourra pas être utilisé au-delà de 2024. Le gendarme du nucléaire français soumettra son projet de position à la consultation du public jusqu’en septembre. Son avis définitif sera pris au mois d’octobre. Il s’agit d’une des conditions à la recapitalisation d’Areva à hauteur de 5 milliards d’euros (dont 4,5 milliards assurés par l’Etat) et à la vente de son activité réacteurs à EDF, deux opérations dont la conclusion est prévue d’ici à la fin de l’année.
«Sur la base des analyses techniques réalisées, l’ASN considère que les caractéristiques mécaniques du fond et du couvercle de la cuve sont suffisantes au regard des sollicitations auxquelles ces pièces sont soumises, y compris en cas d’accident», annonce l’ASN dans un communiqué. L’autorité indépendante a toutefois précisé que les anomalies de la cuve conduisaient à une «diminution des marges vis-à -vis du risque de rupture brutale» et juge donc nécessaire qu’EDF réalise «des contrôles périodiques supplémentaires afin de s’assurer de l’absence d’apparition ultérieure de défauts». L’ASN a également indiqué que la faisabilité technique de certains contrôles qui doivent être réalisés sur le couvercle de la cuve n'était «pas acquise» et que l’utilisation de cette pièce devait donc être «limitée dans le temps». Notant qu’un nouveau couvercle pourrait être disponible d’ici fin 2024, l’autorité considère que la pièce actuelle «ne pourra pas être utilisée au-delà de cette date».
L’ASN avait exigé une série de contrôles de la part d’EDF et d’Areva après la découverte fin 2014 d’une trop forte concentration en carbone dans certaines zones de la cuve de l’EPR, ce qui risquait de compromettre sa résistance et donc son aptitude au service.
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