L’AMF obtient gain de cause sur la publicité des sites de trading
L’Autorité des marchés financiers (AMF) s’y attaque depuis longtemps, publiant régulièrement des listes noires de sites proposant d’investir sur le forex ou les options binaires sans y être autorisés. Avec la loi Sapin 2, elle aura désormais la «capacité juridique d’interdire la publicité pour certaines catégories d’instruments financiers», ce qu’elle avait déjà laissé entendre il y a quelques semaines.
«Nous ne pouvons que nous en féliciter», a réagi Benoît de Juvigny, secrétaire général de l’AMF. Le projet de loi «interdit toute forme de publicité par voie électronique», ce qui au sens de la loi sur l’économie numérique, inclus également la radio et la télévision. Une étude de l’AMF publiée en octobre 2014 montrait que «plus de 90% des clients étaient perdants», et que «la perte cumulée par les clients français sur ces instruments était de plus de 60 millions d’euros».
Mais les acteurs du secteur doutent de l’efficacité de la mesure. Arnaud Poutier, porte-parole de l’Association française des courtiers et prestataires de services d’investissements, précise ainsi que si «nous soutenons pleinement l’initiative des ministres de l’Economie et des Finances dans leur lutte contre les arnaques financières sur internet […] nous considérons que l’écriture du projet de loi est imparfaite».
Une position partagée par Pierre-Antoine Dusoulier, président de Saxo Banque France, qui précise que «cette loi n’aura que peu d’impact sur les sites visés, en effet les publicités n’évoquent jamais directement les produits mais font miroiter des rendements importants et proposent des formations rapides pour devenir trader.»
Pour lui, «la loi risque de ne pas mettre fin aux publicités de ce type, cependant elle pourrait avoir un impact sérieux auprès des acteurs agréés». Une position partagée par Nicolas Gaiardo, qui a fondé le site warning-trading dédié à ces questions, et qui considère que «ce seront les courtiers sérieux qui vont pâtir de cette réglementation».
Tous évoquent par ailleurs les pratiques de sponsoring au sein des clubs de football français et européens. Plusieurs sites proposant du trading spéculatif et agréés à Chypre, porte d’entrée principale au marché européen pour ces acteurs douteux, sont en effet des partenaires officiels de grandes équipes. Or ce type de sponsoring n’est pas interdit par la loi. L’AMF et l’ACPR doivent communiquer ce matin sur le sujet.
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