L’AMF met les données au cœur de son dispositif
Vaste réorganisation à l’AMF. Dans le cadre de son plan stratégique Supervision 2022, le régulateur revoit très largement son fonctionnement dans les domaines des données, de la supervision des acteurs, de la place des métiers juridiques en matière répressive, des délais d’enquêtes et de sa gestion interne.
En particulier, le régulateur a nommé un nouveau secrétaire général adjoint, Philippe Guillot, en charge des données et marchés. Il supervisera deux nouvelles directions : l’une dédiée aux données et à la surveillance, présidée par Alexandra Givry, l’autre consacrée à la supervision des intermédiaires et des infrastructures de marché, dirigée par Stéphane Pontoizeau.
Cette création d’une direction données et surveillance «permet à l’AMF d’exploiter au mieux les données pour une meilleure détection des problématiques individuelles (manquements…) et pour mieux identifier les tendances générales sur les marchés et acteurs financiers, résume Alexandra Givry. Nous dévoilerons notre feuille de route au premier trimestre 2021».
Repositionner sa plate-forme de surveillance ICY
L’objectif du régulateur est de repositionner sa plate-forme de surveillance ICY, créée en 2018, au centre du dispositif et de faire bénéficier l’ensemble des directions de l’AMF des avantages d’une plate-forme big data. «L’usage de cette plateforme et l’exploitation des données seront élargis à tous les métiers de l’Autorité, du suivi des investissements des particuliers, au reporting de la gestion d’actifs, mais elle ne remplacera jamais l’humain, prévient Alexandra Givry. Seuls à détenir ces données, nous voulons partager davantage nos connaissances en multipliant les publications sur des sujets de plus en plus variés, par exemple sur la gouvernance, les pratiques comptables ou encore les risques de liquidité. En matière d’open data, nous partageons nos données avec les universitaires pour encourager la recherche».
L’exploitation des données publiques et réglementaires, qui bénéficient de plus en plus de traitements automatisés, suit deux axes. «D’une part, nous nous appuyons sur le big data pour traiter des volumes très importants de données, et d’autre part sur l’intelligence artificielle, par exemple pour détecter des communications trompeuses ou réduire les faux positifs parmi nos alertes», précise Alexandra Givry.
La supervision des intermédiaires et celle des infrastructures de marché sont maintenant réunies au sein d’une même direction. «La direction des données et de la surveillance suit les interventions sur les marchés, mais le suivi des intervenants dépend des directions dédiées, gestion d’actifs ou intermédiaires et infrastructures de marché», précise Philippe Guillot. L’AMF rappelle que la supervision de la gestion d’actifs constitue l’un de ses domaines d’action prioritaires, d’autant que les acteurs et les produits à réguler sont très nombreux. Les transformations apportées dans l’organisation de la direction de la gestion d’actifs a ainsi fait évoluer les méthodes de travail afin de développer une supervision par les risques et de renforcer les travaux de supervision thématique.
Embauche de spécialistes
Si l’AMF ne dispose pas pour autant de moyens supplémentaires, «les profils de nos équipes ont beaucoup évolué ces dernières années, avec l’arrivée de spécialistes de l’intelligence artificielle, de data scientists, etc.», ajoute Philippe Guillot
Par ailleurs, face à la complexité des dossiers, la direction des enquêtes se structure en trois équipes d’enquêteurs avec des domaines spécifiques d’expertise : approche quantitative, manipulation de cours, cybersécurité, cadre juridique, procédures, capitalisation de la connaissance, information financière, comptabilité.
Quant à la gestion des contributions financières des différents acteurs, elle sera rattachée à la division finance, à compter du 1er mai 2021. Avec pour objectif de rationaliser la gestion des ressources financières de l’AMF.
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