L’affaire Monte dei Paschi tourne au scandale politique en Italie
Monte dei Paschi di Siena n’en finit plus de faire des vagues en Italie. En révélant qu’elle s’attendait à perdre 720 millions d’euros sur trois produits structurés mis en place dans l’opacité la plus totale par son ancienne direction, la banque toscane n’a pas seulement entraîné une chute de 13% de son action sur la semaine écoulée, malgré un rebond de 10% le 25 janvier. Elle s’est muée en argument de campagne en vue des élections générales des 24 et 25 février.
Vendredi, Mario Monti a pointé du doigt les liens entre l’établissement et le parti démocrate italien (Pd). «Le Pd a toujours eu beaucoup d’influence sur cette banque à travers la Fondation» Monte Paschi, a indiqué le Premier ministre sortant. Le parti démocrate de Pier Luigi Bersani et ses alliés sont donnés en tête des sondages avec environ 34% des intentions de vote, contre 26% à Silvio Berlusconi - qui a profité du scandale pour tirer à boulets rouges sur ses adversaires - et 13% à la coalition soutenant Mario Monti. «Le scandale accroît la probabilité déjà élevée que le Pd ne puisse décrocher la majorité dans les deux chambres du Parlement», estiment les économistes de Citigroup.
La banque centrale a donné samedi une « opinion favorable » au sauvetage de BMPS, un plan qui passe par l’octroi de prêts publics pour 3,9 milliards d’euros, dont 1,9 milliard d’euros destinés à rembourser une précédente injection de fonds publics. Vendredi, les actionnaires avaient approuvé le principe des deux augmentations de capital qui permettront de renflouer le groupe. Vittorio Grilli, le ministre des Finances, s’expliquera demain sur ce plan devant les députés.
Monte dei Paschi a signé entre 2006 et 2009 trois transactions structurées, baptisées Alexandria, Santorini et Nota Italia, avec Nomura, Deutsche Bank et un troisième établissement non identifié. Leur examen par la nouvelle direction est toujours en cours et devrait s’achever le 10 février. Giuseppe Mussari, l’ancien président de la banque, aurait caché ces contrats à son conseil d’administration, aux commissaires aux comptes et à la Banque d’Italie, qui était alors gouvernée par Mario Draghi, le président de la BCE. L’ex-dirigeant de BMPS a dû abandonner la semaine dernière la présidence de l’ABI, le lobby des banques italiennes, en raison du scandale. Quant à la Banque d’Italie, Mario Monti l’a sommée de passer en revue ces contrats avant le déblocage de l’aide d’Etat.
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