L’affacturage en France a profité de la crise financière
Alors que la plupart des activités bancaires de détail stagnent en France, le chiffre d’affaires réalisé par les sociétés d’affacturage croît vigoureusement depuis plusieurs années. Selon une étude de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) publiée la semaine dernière, il a connu une augmentation de 13,3% en 2011. Les créances prises en charge ont atteint le montant record de 170,1 milliards d’euros, battant le précédent de 2010.
La tendance est encore plus marquée dans certains pays comme le Royaume-Uni (+22% à 268 milliards d’euros), l’Italie (+22% à 175,1 milliards), qui prend à la France sa place de deuxième marché européen de l’affacturage, et l’Allemagne (+21% à 157,2 milliards).
Certes, crise économique oblige, la croissance du marché tend à ralentir: les revenus avaient progressé de 19% en 2010 et ont augmenté de 9% au premier semestre 2012. «Une dégradation de la conjoncture et des risques est attendue cette année, sur la base notamment des prévisions d’activité dans le BTP ou l’automobile. Les résultats 2012 dépendront également fortement de l’évolution des taux d’intérêt», prévient l’ACP.
Mais le dynamisme du secteur reste largement supérieur aux autres activités de détail: les revenus nets (ou PNB) dégagés par les sociétés d’affacturage ont progressé de 8% en 2011. «L’affacturage peut paraître comme une réponse immédiate aux difficultés d’accès aux ressources liquides pour des entreprises fragilisées par des tensions de trésorerie», rappelle l’autorité, qui remarque que son potentiel de croissance est considérable auprès des PME: un peu plus de 3% d’entre elles y ont recours.
Pourtant, reflet de la crise et des difficultés des entreprises, l’encours impayé après échéance progresse depuis 2009: il s’élève à 4,28 milliards d’euros fin 2011, soit 17,3% de l’encours, contre 15,2% fin 2010 – l’ACP relativise en soulignant que 71% de ce montant résultent de simples retards de paiement de moins d’un mois. Le taux de créances douteuses suit la même tendance ces dernières années: de 4,2% de l’encours brut au 31 décembre 2008, il grimpe à 5,3% fin 2011.
Autre point noir, les marges des opérations d’affacturage continuent de s’éroder en moyenne (de 0,63% des encours en 2008 à 0,41% en 2011). La dégradation des conditions de refinancement à partir du troisième trimestre 2011 pèse sur les marges, indique l’ACP.
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