L’Afer ne veut pas brusquer ses adhérents
La conférence annuelle de l’Afer est toujours riche d’enseignements. L’association qui regroupe 800.000 épargnants et pèse 56 milliards d’euros en assurance vie est aujourd’hui en première ligne pour gérer avec ses adhérents la baisse graduelle du rendement des fonds en euros dans un univers durable de taux bas. Aviva, son assureur, a d’ailleurs limité les entrées sur ces produits en septembre. Mais force est de constater qu’une dissonance existe entre le discours délivré par Bercy et les assureurs sur le besoin de sortir progressivement des supports en euros classiques et la manière dont les assurés le reçoivent.
Agnès Pannier-Runacher secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, a présenté, lors de cette conférence, la nouvelle gamme de produits et solutions créée par la loi Pacte : nouveau fonds euro-croissance, supports diversifiés pour l’assurance vie et nouveau plan d’épargne retraite. Si, à la virgule près, son discours sur l’assurance vie était le même que celui prononcé par son ministre de tutelle Bruno Le Maire lors de la 11e conférence de la Fédération française de l’assurance le 27 octobre, le public était, cette fois-ci bien différent.
La ministre a donc pu se rendre compte à quel point les particuliers étaient attachés au fonds en euros traditionnel. Même si elle a, tout comme Bruno Le Maire, encore affirmé que ce produit ne disparaîtrait pas, les questions de la salle montraient clairement une inquiétude quant-à l’avenir du fonds garanti. Les assureurs sont donc très loin d’avoir convaincu les particuliers des bienfaits d’une diversification dans des supports plus aptes à financer l’économie à long terme.
Gérard Bekerman, le président de l’Afer, qui a pourtant déclaré être conscient que «les épargnants ont eu très longtemps la garantie et la sécurité, mais [que] ce modèle est aujourd’hui contesté», a tout de même signalé que «les mouvements monétaires sont réversibles (…), nous ne sommes pas condamnés à vivre dans un environnement de taux négatifs (…). N’allons pas trop loin dans la baisse des taux. Il est légitime que nous ayons une bonne rémunération de notre épargne». En clair, l’Afer est prête à proposer de nouvelles solutions d’épargne à ses adhérents, dans le sens de ce que demande Bercy et les assureurs, mais à condition que ni le statut juridique et fiscal de l’assurance vie ne soit remis en cause – y compris concernant la fiscalité de l’héritage -, ni l’existence du fonds en euros tel qu’il existe aujourd’hui.
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