La valorisation de Newedge suscite des interrogations
Alors qu’elles courent depuis plusieurs mois, les rumeurs de dénouement des participations croisées de la Société Générale et du Crédit Agricole dans leurs joint-ventures se précisent. Selon Le Journal du Dimanche, le groupe mutualiste céderait à son partenaire sa participation de 50% dans le courtier sur dérivés Newedge, en échange d’une participation de 10% dans la société de gestion Amundi – sur les 25% que la Société Générale détient aujourd’hui. Celle-ci aurait vocation à en vendre le solde dans les deux ans suivants. Au terme de l’opération, la SocGen serait seul actionnaire de Newedge, tandis que le Crédit Agricole contrôlerait d’abord 85%, puis 100% d’Amundi.
L’échange serait prévu dans les semaines à venir. Les deux établissements n’ont pas souhaité commenter l’information. Quel que soit son degré de véracité, cette opération n’a rien d’absurde. En effet, le recentrage du Crédit Agricole autour des activités de banque commerciale en France implique une sortie des activités «exotiques». Par ailleurs, en cédant en 2010 le contrôle de sa gestion à CASA à travers la création d’Amundi, la Société Générale signifiait la moindre importance qu’elle attache à ce métier. Et à mesure que s’accentuent les contraintes réglementaires en fonds propres, il paraît évident que le groupe n’a pas vocation à conserver un tel intérêt minoritaire.
En outre, la Société Générale vient d’achever le rapprochement de sa ligne de métiers gestion et conservation (dans laquelle se trouve Newedge) avec sa banque de financement et d’investissement. «Ce n’est pas avec sa banque de détail que la Société Générale fera rêver les investisseurs à court terme. Etant donné son savoir-faire dans les produits dérivés, le groupe a intérêt à disposer d’une gamme de produits complète dans ce domaine», indique un analyste.
Si l’opération paraît justifiée, c’est moins le cas de ses termes. S’ils étaient exacts, ils signifieraient que 10% d’Amundi vaudraient 50% de Newedge. Ce qui paraît incongru, même si l’on considère une prime de contrôle. En cours de restructuration, «Newedge a coûté à la Générale 380 millions d’euros de dépréciations de survaleur au dernier trimestre 2012 et a tout juste atteint l’équilibre au premier semestre 2013», affirme l’analyste. A l’opposé, la contribution nette d’Amundi aux bénéfices de la banque a représenté 27 millions au premier semestre 2013 et 115 millions en 2012.
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