La Suisse obtient un répit de six mois sur l’équivalence boursière
SIX peut souffler. La Commission européenne (CE) a annoncé hier prolonger l’équivalence accordée aux bourses suisses pour six mois, de quoi laisser le temps au Conseil fédéral de mener à bien ses consultations sur l’accord-cadre institutionnel exigé par Bruxelles. Plus de 70% des flux vers SIX, la principale Bourse établie en Suisse, trouvent leur origine en Europe, et la perte de l’équivalence aurait menacé ces flux, même si le Conseil fédéral a mis en œuvre une mesure visant à contrecarrer les effets de la perte de l’équivalence. «Nous voulons que les entreprises européennes puissent poursuivre leurs négociations d’actions suisses à la fois dans l’UE et sur les bourses suisses», a déclaré Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission en charge des services financiers.
La Commission ne veut pas relâcher la pression pour autant et espère encore être en capacité de boucler le dossier avant de devoir passer la main. La décision d’équivalence vaut ainsi jusqu’au 30 juin 2019, et devra alors être à nouveau prorogée pour éviter la fragmentation des marchés actions européens et suisses. En imposant à la Suisse la date du 30 juin 2019, alors que le Conseil fédéral ne se fixait comme horizon que d’étudier «l’état des consultations au printemps 2019», la CE peut prétendre garder la main sur le calendrier.
Mais Bruxelles continue d’exiger «l’approbation totale, finale et claire» de l’accord cadre institutionnel par le Conseil fédéral, déjà approuvé au niveau technique par les négociateurs des deux parties, comme «une condition préalable pour les autres prolongations de l’équivalence». La CE semble ainsi fermer la porte à de nouvelles négociations, quand le Conseil fédéral évoquait au contraire «des points à régler concernant les mesures d’accompagnement et la directive relative au droit des citoyens de l’UE» lors de l’annonce du lancement de consultation.
Reste à voir ce que donneront les consultations lancées par la Suisse, alors que syndicats et extrême-droite sont opposés aux efforts demandés par Bruxelles sur les «mesures d’accompagnement» qui restreignent la liberté de mouvement des professionnels. En prolongeant l’équivalence, la CE laisse également planer le doute sur l’efficacité de la contre-mesure mise en œuvre par la Suisse. Les institutions européennes ont toujours refusé de s’exprimer sur la viabilité de cette disposition.
Plus d'articles du même thème
-
TotalEnergies doit inclure les émissions de scope 3 dans son plan de vigilance
Le tribunal judiciaire de Paris donne six mois au pétrolier pour compléter sa cartographie des risques et y inclure les mesures nécessaires. Retour devant le juge le 21 janvier 2027 pour un contrôle. -
Rcube Asset Management obtient son agrément MiCA
La société de gestion alternative française Rcube AM, qui s’est lancée dans les actifs numériques à la fin des années 2010, a déjà deux équipes de gestion de stratégies explorant les inefficiences de la classe d'actifs sur sa plateforme. -
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Chaud devantAprès la canicule, l'hôpital entre mesures express et promesses à dix ans
Il faudra attendre des semaines pour pouvoir tirer le bilan humain de cet épisode historique de canicule -
Coup de chaudLe torchon brûle entre la grande distribution et l'industrie agroalimentaire
Les esprits s'échauffent entre la grande distribution et ses fournisseurs agroalimentaires. La température ne semble pas près de retomber -
Face aux chaleurs extrêmes les pièges du « travailler moins »
Le débat s’enflamme sur l’adaptation du travail à la canicule, mais il n'échappe pas aux limites économiques du pays