La Société Générale souffre de la comparaison avec BNP Paribas
Il est des comparaisons cruelles. Face aux 2,6 milliards d’euros de bénéfice de BNP Paribas au premier semestre, en hausse de 15%, les 916 millions de résultat net publiés hier par la Société Générale, en repli de 14% sur un an, font pâle figure. Si l’on exclut les 239 millions d’effet négatif lié à la revalorisation de sa dette propre, la banque n’a pourtant pas démérité. «De bons résultats en BFI, la poursuite de la baisse du coût du risque et une bonne dynamique de ses différents métiers (hors réseaux internationaux) montrent que la société se redresse progressivement», estime CM-CIC Securities.
La vraie déception vient de la banque de détail à l’international, dont le résultat chute de deux tiers à 44 millions. Tandis que Geniki creuse ses pertes en Grèce, le «printemps arabe» et le conflit en Côte d’Ivoire ont entraîné arrêts d’activité et provisions, pour un coût en résultat net de 59 millions d’euros. En Roumanie, la BRD souffre aussi de la conjoncture et accuse un repli de 20% sur un an de ses revenus. Elle est tout juste à l'équilibre, comme la Russie.
Les difficultés du pôle ont éclipsé les performances du retail français et de la banque de financement et d’investissement (BFI), qui font plus que soutenir la comparaison avec la concurrence. En France, les réseaux affichent une croissance de 4,6% de leurs revenus, à 2,04 milliards d’euros, supérieure à celle de BNP Paribas (+2,5% à 1,8 milliard).
Dans la BFI, les revenus ont progressé de 4,2% à données constantes, à 2,28 milliards, contre un repli de 8,6% chez BNP Paribas (3,46 milliards) qui avait signé un premier trimestre 2010 d’exception. Le bond de 12% des revenus du métier actions à la Société Générale contraste ainsi avec la baisse moyenne de 3% enregistrée par les banques européennes, selon Natixis Securities. Dans les activités de taux, change et matières premières, la banque a limité la casse avec un repli de 8,5% des revenus, contre -13% chez son concurrent de la rue d’Antin.
Sanctionnée par une chute de 4,98% de son titre hier, la Société Générale n’a donc pas à rougir de son trimestre. Elle tient aussi sa feuille de route dans un autre métier, le crédit à la consommation, très consommateur de liquidité sous Bâle 3 et promis, comme au Crédit Agricole, à un recentrage. La banque a ainsi engagé la vente de ses activités en Lettonie et au Kazakhstan, et restructure sa filiale italienne, Fiditalia.
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