La Société Générale pourrait vendre ses actifs brésiliens
La Société Générale arbitre sa stratégie internationale. Si elle a fait le choix de se maintenir en Russie – un marché qu’elle estime stratégique pour elle à moyen terme – contre vents et marées, elle semble, d’après les rumeurs, moins attachée au Brésil, qui fait pourtant partie des économies classées «Bric».
Selon le quotidien brésilien O Estado de San Paulo, la banque française négocierait depuis quatre mois la vente de ses actifs au Brésil. Parmi les candidats intéressés, le journal cite Banco Bradesco, Santander Brasil et Itau Unibanco. Contactée, la Société Générale n’a pas souhaité faire de commentaires à ce qu’elle qualifie de «rumeurs de marché».
L’établissement français n’est pas un acteur de taille importante sur le marché brésilien, dominé par les acteurs publics (Banco do Brasil, Caixa Econômica Federal, BNDES…) et les trois grandes banques à capitaux privés citées comme repreneurs potentiels. Itau Unibanco affichait un bilan de 1.040 milliards de réaux (332 milliards d’euros), devant Bradesco (931 milliards de réaux) et Santander Brasil (407 milliards).
Grupo Société Générale (qui ne comprend pas toutes les activités de l’établissement français au Brésil) regroupe cinq entités: Banco Société Générale Brasil (qui affichait une valeur nette comptable de 894 millions d’euros fin 2013), Société Générale Corretora de Câmbio e Valores Imobiliários, Société Générale Leasing, ainsi que deux réseaux de détail locaux, Banco Cacique et Banco Pecunia. La SocGen dispose également d’autres entités, comme Newedge Brazil ou SG Equipment Finance.
Banco Cacique et Banco Pecunia ont vu leurs actifs fortement baisser depuis deux ans. Les actifs du premier atteignaient 1,16 milliard de réaux (371 millions d’euros) au 30 juin dernier, contre 1,32 milliard fin 2013 et 1,82 milliard fin 2012. Pecunia affichait 935 millions de réaux à l’actif le 30 juin, contre 956 millions fin 2013 et 1,43 milliard fin 2012. Banco Société Générale Brasil est l’entité la plus importante, avec 11,9 milliards de réaux d’actifs.
Autant dire que l’établissement français est un lilliputien. Acquérir une taille critique sur le marché brésilien semble voué à l’échec. Les banques publiques détiennent environ la moitié du marché, les banques brésiliennes privées un tiers et les banques étrangères (essentiellement Santander) le solde. Il n’existe quasiment plus de cibles, hormis des banques dont la taille est insuffisante pour réaliser une opération transformante.
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