La Société Générale infléchit sa position sur l’augmentation de capital
Dans un entretien à la radio Europe 1 hier, Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale, a, dans l’attente d’un chiffrage précis, précisé que si les résultats étaient insuffisants pour combler le besoin en capital exigé par l’Union européenne, le groupe qu’il dirige «pourrait faire appel aux actionnaires et en tout cas [ne demanderait] pas d’argent public». Mais privilégiant de toute façon la génération de résultats pour arriver à ses fins, Frédéric Oudéa n’a pas précisé les modalités de recours à ce potentiel plan B. «Il s’agit néanmoins d’une légère inflexion du discours du groupe», note un analyste.
D’après les premiers éléments communiqués par les négociateurs mardi, le besoin des banques françaises représenterait un peu moins de 10 milliards d’euros dans son ensemble, en se référant à la situation au 30 juin 2011. Rien d’insurmontable, donc. «Avec quatre trimestres de résultats pour combler ce déficit au 30 juin 2012, les établissements pris dans leur ensemble n’auront pas besoin d’appel au marché ni de l’Etat. Un manque résiduel serait comblé grâce à la suppression des bonus et des dividendes», estime l’analyste.
Cela dit, il faut attendre la répartition individuelle des besoins, qui sera connue dans les jours qui viennent. La Société Générale paraît, selon les premières analyses, être dans la situation la moins confortable. «Les fonds propres de BNP Paribas semblent suffisamment solides, tandis que CASA et Natixis sont capables de faire face grâce aux groupes mutuels auxquels ils appartiennent […]. Seule SG paraît souffrir d’une structure tendue, n’écartant pas le risque d’augmentation de capital», explique Cheuvreux dans une note.
Les éléments pesant sur cette banque, qui publiera ses comptes trimestriels le 8 novembre, sont bien identifiés, estime le courtier: le bénéfice a manqué le consensus aux deux premiers trimestres, ses marchés émergents sont sous pression (Moody’s vient ainsi de dégrader le secteur bancaire russe), l’exposition de sa BFI aux marchés de capitaux est supérieure à celle de ses rivales et son financement court terme est plus dépendant du dollar.
En outre, la Société Générale fait face à une nécessité plus forte de réduire son levier : elle entend abaisser de 60 à 80 milliards d’euros le montant de ses actifs pondérés du risque, à l’instar de BNP Paribas (70 milliards), alors que son bilan est près de deux fois inférieur (1.158 contre 1.926 milliards d’euros au 30 juin).
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