La Société Générale et BNP Paribas peaufinent leurs primes post-Covid
Acté pendant le confinement, le principe d’une prime exceptionnelle pour les salariés en première ligne prend un tour concret dans deux grandes banques françaises. Chez BNP Paribas, les discussions se sont achevées vendredi sur une dernière proposition de la direction : 400 euros pour les salariés venus travailler en agence ou dans les services centraux pendant trois à dix jours, et 800 euros au-delà de dix jours de présence pendant le confinement (du 17 mars au 10 mai), expliquent à L’Agefi plusieurs délégués syndicaux. «Des discussions sont en cours […] pour permettre, avant l’été, de reconnaître les efforts des collaborateurs qui ont dû se rendre dans des locaux pour assurer la continuité des services», déclare un porte-parole de la banque, sans confirmer les chiffres.
A la Société Générale, la direction campe sur sa proposition initiale de 500 euros pour dix jours de présence sur site minimum et 750 euros au-delà de vingt jours, indiquent les élus du personnel qui réclamaient le double. Un lot de consolation a été ajouté vendredi pour ceux qui ont travaillé à domicile : ils toucheront une indemnité repas de 100 euros pour la période de confinement.
Compenser la baisse de l’intéressement
Dans les deux groupes, les syndicats regrettent que les salariés qui ont travaillé de chez eux soient privés de prime «Macron». «Il est désolant que les télétravailleurs soient des salariés de seconde zone exclus du dispositif, alors qu’ils ont parfois exercé leur métier dans des conditions dégradées, explique Richard Pons, délégué syndical national CFDT chez BNP Paribas qui ne signera pas la proposition de la direction. Il s’agit plus d’une prime de risque que pour le maintien de l’activité.» «Certains ont beaucoup fait, en télétravail, pour la diffusion du prêt garanti par l’Etat auprès des entreprises, note un autre élu. Leurs efforts seront visiblement plutôt reconnus lors de l’attribution de bonus.»
Comme dans la grande distribution alimentaire, où les négociations ont parfois été tendues, les primes défiscalisées (jusqu’à trois fois le Smic) concernent uniquement les collaborateurs qui ont risqué de contracter le Covid-19 au contact des clients, de leurs collègues ou dans les transports en commun. Dans les deux banques, les discussions ont toutefois démarré plus tard. «Il ne fallait pas donner l’impression que les salariés du secteur étaient des privilégiés, par rapport aux caissiers ou manutentionnaires», glisse un syndicaliste.
Chez BNP Paribas, «environ 16.000 personnes devraient bénéficier de la prime jusqu’à 80.000 euros de salaire annuel, sur les 41.000 de BNP Paribas SA», précise Richard Pons. A la Société Générale, 16.700 sont éligibles jusqu’à 65.000 euros, soit 72% des collaborateurs pour un budget total de 10 millions d’euros, selon la CGT. Dans les deux établissements, la prime va en partie compenser la baisse de l’intéressement liée à la suppression du dividende, demandée par les régulateurs à toutes les banques. Ailleurs, le mode de calcul de l’épargne salariale ne prend pas en compte cet élément.
Bientôt au Crédit Mutuel
Chez les mutualistes, seul le Crédit Mutuel est ouvert à une rémunération exceptionnelle. «Dès l’annonce de la création de la prime de mobilisation par le gouvernement, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale (ex-CM CIC, ndlr) s’est inscrit dans ce dispositif, rappelle un porte-parole. Il est prévu que les discussions avec les organisations représentatives du personnel s’ouvrent prochainement». Les autres banques restent muettes ou bottent en touche. Chez BPCE, «il n’y a pas actuellement de discussions ouvertes sur le sujet avec les partenaires sociaux au niveau du groupe, et ce tant que nous n’avons pas une vision claire de tous les impacts de cette crise», déclare un porte-parole.
Plus d'articles du même thème
-
Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
En marge de la présentation de son plan stratégique, la banque de la Défense a annoncé la nomination de Benoit Grisoni en tant que directeur adjoint des activités de banque de détail en France. Un mouvement qui va dans le sens du rapprochement entre le réseau SG et BoursoBank. -
La Société Générale veut continuer à réduire ses coûts et accélérer sa croissance
La banque a présenté son nouveau plan stratégique à horizon 2029. Elle pourrait rendre jusqu'à 21 milliards d'euros à ses actionnaires d'ici là et vise plus de 14 millions de clients pour sa filiale BoursoBank. -
Gift City fait une tournée auprès des financiers européens
BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Société Générale et Natixis. Quatre banques françaises sont déjà implantées dans cette place financière indienne, destinée à accueillir aussi assureurs et réassureurs, fonds et fintechs grâce à un cadre réglementaire et fiscal attractif.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionChristophe Périllat, patron de Valeo : « Le made in Europe n’est pas du protectionnisme, c’est de la souveraineté »
Face à la concurrence chinoise, le directeur général de l'équipementier automobile salue l'évolution de Bruxelles et mise sur la reconversion technologique de son groupe pour préserver l'emploi -
IdentitésPrésidentielle : Zemmour vote Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon est l'adversaire que l'extrême droite peut le plus espérer au second tour, tant il concentre sur lui le rejet d'une partie de l'électorat. Chaque polémique qui le remet au centre du jeu resserre ce duel -
DiplomatieCrise énergétique : Donald Trump et Emmanuel Macron se rencontrent ce lundi à New York
Le président américain recevra son homologue français en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, pour un échange bilatéral où sera abordée la sensible flambée du prix des carburants.