La Société Générale élargit sa banque privée à son réseau de détail
Société Générale Private Banking (SGPB) a décroché le gros lot : environ 31 milliards d’euros d’encours vont venir gonfler ses 19 milliards d’actifs en France à fin septembre. Pour cela, la banque de La Défense va rendre accessible son offre de gestion privée à quelque 37.000 foyers clients de sa banque de détail.
«Nous abaissons le seuil d’entrée à 500.000 euros d’avoirs disponibles liquides dans des comptes à la Société Générale. Il était auparavant d’un million d’euros», a annoncé hier Patrick Folléa, directeur général de SGPB France. Cette dernière s’inspire du modèle de plusieurs concurrents comme BNP Paribas (avec un seuil à 250.000 euros). Les encours moyens des foyers concernés à la Société Générale avoisinent 840.000 euros, contre 6 millions d’euros pour les clients actuels de SGPB.
Cette stratégie, qui implique un nouveau partage des revenus avec le réseau, vise à placer la banque privée «au cœur du modèle de banque universelle» et «illustre les synergies que nous souhaitons développer entre les grands pôles du groupe», explique Jean-François Mazaud, directeur de SGPB y compris à l’étranger. «Pour les clients, cela ne change rien au fonctionnement quotidien, assure Laurent Goutard, directeur de la banque de détail de la Société Générale en France. Il faudra une année pour les prendre en charge progressivement». Après des pilotes en région lyonnaise, les directions régionales déploieront la nouvelle offre dans 80 villes «à partir de mai». Les banquiers privés passeront de 90 à 250 grâce à la conversion de conseillers maison, et les experts patrimoniaux de 70 à 100.
Outre son centre parisien dédié aux plus fortunés, SGPB a ouvert à partir de 2008 huit centres régionaux où chaque client dispose d’un compte, en plus de celui déjà ouvert dans son agence habituelle. Pour vaincre les résistances du réseau, «le client gardera son compte dans son agence d’origine. C’est le banquier privé qui viendra au client, déclare Patrick Folléa. [Jusqu’à présent]nous avons un véritable ADN de conquête de clients externes, nous n’étions pas alimentés par le réseau, loin s’en faut». SGPB vise une croissance annuelle de ses encours supérieure aux 5 à 6% qu’elle attend pour le marché français.
A l’étranger, la Grande-Bretagne est l’une des priorités, notamment pour servir les expatriés, mais la banque privée reste muette sur la cession attendue de son pôle asiatique, après celle de son entité japonaise.
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