La Société Générale dépasse les attentes grâce à la baisse du coût du risque
De bons résultats compte tenu d’un environnement économique défavorable et des marchés financiers atones». C’est ainsi que Frédéric Oudéa, le PDG de la Société Générale, a résumé les résultats du troisième trimestre, qui se sont soldés par un bénéfice net de 836 millions d’euros supérieur aux 794 millions attendus par le consensus Thomson Reuters. Le pôle banque de détail en France de Société Générale a pourtant déçu, tout comme les activités de marchés, et la progression du bénéfice, qui atteint 57% sur un an, tient ainsi en bonne partie à une stricte maîtrise des coûts.
«A 58 points de base (pb), le coût global du risque a atteint son plus bas niveau depuis 2008», a ainsi souligné Philippe Heim, le directeur financier. En baisse de 41,3% sur un an, à 642 millions, celui-ci a certes bénéficié d’un effet de base favorable, puisque les chiffres du troisième trimestre intégraient une provision pour litige de 200 millions d’euros. Mais il a également affiché une baisse de 19% dans la banque de détail en France. A 51 pb, soit 8 de moins qu’au deuxième trimestre, ce dernier enregistre une «tendance baissière en ligne avec la cible de 45 à 50 pb de notre plan stratégique», a souligné Philippe Heim. Les frais de gestion ont eux aussi poursuivi leur reflux, 70% du programme de réduction de coûts 2013-2015 de 900 millions d’euros étant désormais sécurisés.
Sur le plan de l’activité, la conjoncture morose a en revanche pesé sur les performances de la Société Générale, notamment en France. Retraité du coût économique du PEL et du CEL, le produit net bancaire du pôle banque de détail a affiché une baisse de 1,2%, à 2,01 milliards d’euros, tandis que les encours de crédit ont baissé de 1,7%, à 175 milliards d’euros. L’augmentation des encours de dépôts bilanciels (+4,6%) permet néanmoins à la marge d’intérêt de progresser de 0,7%. Petite lueur d’espoir, Bernardo Sanchez Incera, directeur général délégué, note une «tendance récente à la remontée des renégociations de crédits immobiliers» et constate une accélération de la demande de crédit des entreprises au troisième trimestre.
Le produit net bancaire des activités de marchés a par ailleurs enregistré une baisse de 12,5%, à 1,05 milliard d’euros, en raison du plongeon des revenus actions (-25,2%). Une évolution liée à «un environnement de marché de basse volatilité quoiqu’instable», qui pourrait se poursuivre dans les prochains mois, a estimé Séverin Cabannes, le directeur général délégué du groupe.
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