La situation du Holding Communal jette une ombre sur Dexia Belgique
Dexia entraînera-t-elle dans sa chute certains de ses actionnaires ? Mis en difficulté par l’effondrement boursier de la banque, dont il détient un peu plus de 14%, le Holding Communal, composé des collectivités belges, a obtenu un sursis alors qu’il est à court de liquidité et ploie sous une dette de 1,6 milliard d’euros.
Si le pire était à craindre, son conseil d’administration «est arrivé à la conclusion que les conditions légales de la faillite ne sont pas réunies». En effet, le holding a bénéficié d’un délai de cinq jours pour honorer une échéance de 5 millions due à la Loterie Nationale.
L’Etat privilégie une «liquidation volontaire». Le conseil a donc convoqué une AG extraordinaire le 7 décembre pour statuer. «Cela implique que la position de liquidité du Holding Communal soit entièrement assurée [jusque-là]. En absence de solution satisfaisante pour le Holding Communal, la cessation de paiement sera constatée et ce au plus tard le samedi 22 octobre», indique-t-il dans un communiqué.
La menace a fait craindre aux investisseurs que le holding ne vende dans l’urgence sa participation dans Dexia SA, faisant décaler le cours de plus de 13% en journée – avant que celui-ci ne se reprenne à la faveur de l’intérêt manifesté par Qatar National Bank pour la filiale turque Dinizbank.
Il n’en reste pas moins que les représentants du Holding Communal mettent la pression sur ses actionnaires (notamment les trois régions belges) et le pouvoir fédéral, qui s’écharpent quant au partage de l’aide à fournir. Le gouvernement est en effet dans une situation difficile: autant sauver Dexia Banque Belgique (DBB) favorise la stabilité du système financier – ce qu’a d’ailleurs reconnu la Commission européenne – autant les minoritaires pourraient contester les aides accordées à quelques actionnaires. Même s’il ne fait que respecter un engagement pris en 2008, l’Etat vient déjà d’accorder sa garantie pour les parts coopératives des sociétaires particuliers du groupe Arco, qui détient 13,8% de Dexia SA.
«Le renflouement du Holding Communal et d’Arco pourrait obliger l’Etat à déclencher une offre obligatoire sur le solde des titres Dexia», estime Dirk Peeters, analyste chez KBC Securities. Pour DBB, qui prête aux collectivités belges, un défaut du Holding entraînerait une perte de crédit qui «réduirait sa valeur, au détriment de ce que les actionnaires de Dexia pourraient percevoir de la vente de sa filiale belge».
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