La restructuration de Monte Paschi pourrait concerner la filiale française
Monte dei Paschi di Siena (MPS) a confié à la banque Rothschild un mandat portant sur la revue stratégique que l’établissement italien a décidé d’entamer, a appris L’Agefi. Ce mandat particulièrement vaste, qui a été signé il y a plusieurs mois, vise à identifier à la fois les activités et les filiales géographiques cessibles.
La «revue stratégique» concerne principalement les divisions crédit-bail (ou leasing) et crédit à la consommation (Consum.it) en Italie – que MPS avait déjà annoncé vouloir vendre –, ainsi que les filiales française et belge. Les dossiers italiens sont les plus avancés, comme le signalait hier Il Sole. Les encours de l’activité de leasing atteignaient 5 milliards d’euros et ceux de Consum.it 6 milliards fin 2011. Aucune décision ferme n’a en revanche été prise concernant les entités géographiques, précise une source proche. Contactés par L’Agefi, MPS et Rothschild n’ont pas fait commentaire.
Avec un réseau de 18 agences à Paris, Lyon, Marseille et Nice, la France occupe une place limitée dans le dispositif de MPS. Elle génère un produit net bancaire annuel de 50 millions d’euros, pour un résultat net de 10 millions et une situation nette de l’ordre de 115 millions. Les activités de la filiale, créée en 1990, se concentrent essentiellement sur l’assurance, la gestion privée et l’immobilier. Elle emploie environ 300 salariés.
En France, MPS Banque a été durement affectée par le dossier Urbania: la restructuration de l’administrateur de biens, dont l’établissement était l’un des créanciers, lui avait coûté 70 millions d’euros en 2010, alors que ses fonds propres atteignaient 120 millions fin 2009.
En revanche, il n’est pas certain que la vente de la participation de 60% dans Cassa di Risparmio di Biella e Vercelli (Biverbanca) fasse partie de la revue stratégique confiée à Rothschild – même si MPS a bien l’intention de conclure l’opération. Mais de toute façon, celle-ci a du plomb dans l’aile: MPS a récemment annoncé que les termes de l’accord de cession signé avec Cassa di Risparmio di Asti avaient été refusés par les deux fondations actionnaires de Biverbanca.
L’ampleur de la revue stratégique ne doit pas surprendre. MPS lutte pour sa survie. Parce qu’il n’atteignait pas le ratio de solvabilité réglementaire de 9% exigé par l’Autorité bancaire européenne en juin dernier, l’établissement de Sienne a obtenu 3,9 milliards d’euros de l’Etat italien.
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