La Réserve fédérale refuse à Citigroup le projet d’une hausse du dividende

Quatre autres banques, dont trois filiales américaines d'établissements étrangers, subissent le même sort
Antoine Duroyon

L’action Citigroup chutait de plus de 6% hier soir dans les échanges électroniques. La Réserve fédérale américaine a semé le trouble parmi les investisseurs en rejetant les projets présentés par la banque pour verser un dividende et racheter des actions cette année. Selon le régulateur, Citi présente des lacunes «qualitatives» au niveau de l’anticipation de ses fonds propres, en particulier dans sa capacité à prévoir des revenus et des pertes dans le cadre d’un scénario de stress et à mesurer correctement ses expositions. Un coup dur pour la banque dirigée par Michel Corbat, qui avait déjà été épinglée lors des tests de résistance menés par la Fed il y a deux ans.

Citi n’est toutefois pas la seule à subir ce rejet, puisqu’elle est accompagnée des filiales américaines de HSBC, Royal Bank of Scotland et Santander. Zions Bancorp’s fait également partie du lot, ce qui n’est guère étonnant, étant donné que l'établissement de Salt Lake City a échoué lors des derniers stress tests. Ils devront tous soumettre de nouveau leurs projets «après avoir apporté des corrections significatives aux problèmes ayant conduit à ces rejets», indique la Fed. Bien entendu, ces établissements ne peuvent pas appliquer les mesures réclamées (augmentation du dividende et des rachats d’actions) mais sont autorisés à poursuivre leur politique de distribution au rythme actuel. La Fed a approuvé les plans de solvabilité présentés par les 25 autres établissements soumis à cet exercice.

Le feu vert n’a toutefois été octroyé à Bank of America et Goldman Sachs qu’après la présentation d’une nouvelle mouture de leurs requêtes. Bank of America a annoncé hier soir un dividende multiplié par cinq, à 5 cents, à compter du deuxième trimestre. La banque a aussi autorisé des rachats d’actions à hauteur de 4 milliards de dollars.

Dans une lettre adressée le 21 mars aux dirigeants des sociétés du S&P-500, Laurence Fink, le directeur général de BlackRock, a recommandé aux entreprises américaines d’aborder la redistribution de cash aux actionnaires dans le cadre «d’une stratégie de gestion équilibrée». «Si elle est faite pour de mauvaises raisons et au détriment de l’investissement, elle peut menacer la capacité de l’entreprise à générer durablement du rendement sur le long terme», prévient le gérant américain.

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