La rentabilité des banques françaises est inférieure à la moyenne européenne
«Les bons élèves de la classe» doivent se démarquer pour sortir du lot. Si les résultats 2013 des banques françaises apportent «une certaine sérénité par rapport aux tests en cours de la Banque centrale européenne» (AQR), leur rentabilité est inférieure à la moyenne européenne, a affirmé hier Fabrice Asvazadourian, co-directeur mondial des services financiers chez Roland Berger, à l’occasion d’une conférence de presse.
BNP Paribas, le groupe Crédit Agricole, BPCE et la Société Générale offrent un rendement des fonds propres (RoE) de 6,5% en moyenne en 2013, contre 8% pour un panel de sept grandes banques européennes (Barclays, HSBC, Santander, etc.), précise le consultant.
Certes, l’indicateur a bondi de 4 points l’an dernier chez les principaux groupes français, «illustrant un niveau de charges exceptionnelles fortement en baisse (-10 milliards d’euros)», écrit Roland Berger. Mais une fois retraité des dépréciations et autres exceptionnels, le RoE des métiers cœur est resté stable, à 8%. «L’impact de l’amélioration du résultat des métiers cœur a été réduit par l’année en demi-teinte de la BFI et annulé par l’augmentation des fonds propres alloués aux métiers dans le cadre des exigences de Bâle 3 fully loaded (à effets pleins, ndlr)», précise le cabinet de conseil.
Les banques françaises doivent dès lors «poursuivre l’amélioration de la rentabilité structurelle» pour atteindre les 10 à 12% visés, selon Roland Berger, pour 2015. Natixis, filiale cotée de BPCE, table sur un rendement des fonds propres tangibles (hors survaleurs et actions de préférence) entre 11,5% et 13%, d’ici à 2017 et pour ses seuls métiers cœur. Avant de dévoiler les détails de leur plan stratégique, BNP Paribas annonce un RoE à 10% ou plus en 2016 et la Société Générale cible 10% pour fin 2015. Le Crédit Agricole communiquera de son côté le 20 mars.
En 2015, «on risque d’être plus proches de 10% que de 12%», prédit Fabrice Asvazadourian. Pour lui, les banques françaises doivent convaincre les marchés qu’«il faut baisser leur coût du capital» qui traduit la volatilité de leurs activités. Elles doivent améliorer leur profil de risque, arbitrer leurs activités et amplifier leurs efforts d’efficacité et d’industrialisation, alors que leur ratio de coûts sur revenus (67%) reste supérieur de 11 points au panel européen. Si les économies annoncées semblent réalistes, le consultant juge «optimistes» les objectifs de produit net bancaire publiés ou à venir.
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