La réforme de l’assurance emprunteur doit encore faire ses preuves
Un an après l’entrée en vigueur de la loi Lagarde modifiant la réglementation de l’assurance emprunteur, le bilan est mitigé. Depuis le 1er septembre 2010, les banques qui accordent des crédits sont tenues d’informer l’emprunteur qu’il peut souscrire l’assurance de son choix, dite assurance individuelle, et n’ont pas le droit d’imposer leur propre contrat de groupe, ni de refuser une assurance venant d’un autre établissement sans motivation argumentée. Et le taux du crédit accordé ne peut en aucun cas être lié au choix de l’emprunteur.
Cette réforme visait un meilleur accès à l’information de l’emprunteur sur ses droits. Mais selon une enquête Ifop/Macif publiée en juin, 60% des Français ignorent toujours qu’ils ont la possibilité de souscrire à une assurance individuelle. Meilleurtaux, dans une étude présentée hier, indique également que 50% des potentiels acquéreurs de biens immobiliers ne comparent toujours pas les différentes offres d’assurance.
Seuls 39% des clients du courtier venus demander un crédit ont souscrit à une assurance individuelle au premier semestre 2011 contre 31% au premier semestre 2010, avant la promulgation de loi, soit une progression de 26%.
«Cela ne vient pas encore totalement du client», admet Christophe Clément, directeur du pôle assurances de Meilleurtaux. Le rôle de conseil d’un courtier favorise pourtant la souscription à une assurance individuelle par rapport au recours à une banque. Cette faible proportion, néanmoins supérieure à celle du marché, s’explique par le fait que les emprunteurs se concentrent davantage sur l’obtention du prêt et accordent peu d’importance à l’assurance, qui peut pourtant représenter 5 à 15% du coût du crédit. Or Meilleurtaux estime qu’une économie de plus de 50% sur le coût du crédit est réalisable en souscrivant à une assurance individuelle dans les meilleurs cas (jeune, non fumeur, en bonne santé…).
Selon le courtier, la tendance est néanmoins à la baisse des marges et donc des prix, y compris pour les contrats des banques, et à la mise en place d’offres plus segmentées permettant de moduler davantage les garanties. «Aujourd’hui, la main est de plus en plus donnée à l’emprunteur», se réjouit Hervé Hatt, le directeur général de Meilleurtaux, qui regrette néanmoins que certaines banques continuent à ne pas jouer le jeu.
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