La refonte de Paris Orléans permet à la famille Rothschild de garder le contrôle
Milan Kundera s’étonnait de «l’incroyable capacité humaine à remodeler le réel à l’image de son idéal ». Telle est l’ambition de la famille Rothschild qui a annoncé hier une restructuration en profondeur de sa holding de tête, Paris Orléans, «étape majeure dans la poursuite du développement international du Groupe et dans la simplification de ses structures». La « Réorganisation » comprend le regroupement sous Paris Orléans de la quasi-totalité du capital de Rothschild & Cie Banque (RCB), holding des activités françaises, ainsi que de Financière Rabelais.
Par ailleurs, les activités françaises seront également regroupées avec la quasi-totalité des autres filiales opérationnelles du groupe, logées au sein de Continuation Holding (« RCH ») qui comprend notamment « NMR » en Grande-Bretagne. «Pendant longtemps les deux maisons (à Paris et à Londres) ont coexisté sans participations, puis elles se sont rapprochées. Désormais nous créons un groupe unique» précise au Figaro David de Rothschild, qui sera nommé président de la nouvelle structure. Les rênes opérationnelles avaient été confiées il y a deux ans au français Olivier Pécoux et au Britannique Nigel Higgins, qui codirigeront la nouvelle entité.
«Permettre à la banque de mieux se conformer aux exigences de la globalisation en général et dans notre environnement concurrentiel en particulier, tout en assurant le contrôle de ma famille sur le long terme». Tel est l’objectif affiché par David de Rothschild dans le Financial Times. Et «les fonds propres réglementaires de Paris Orléans seront significativement renforcés, en anticipation des nouvelles normes prudentielles issues de Bâle 3» précise le communiqué. Le descendant de Mayer Amschel Rothschild, fondateur de la dynastie à la fin du dix-huitième siècle à Francfort, souhaite s’inspirer d’Hermès ou Michelin pour échapper à toute velléité de rachat externe en plaçant Paris Orléans sous le régime de commandite par actions.
Les acquisitions de titres RCB, Financière Rabelais et RCH seront effectuées par voie d’apports rémunérés par émission d’actions nouvelles Paris Orléans, dont la valeur de marché est estimée à 540 millions d’euros. Dans le cadre d’une offre publique de retrait, la famille Rothschild offrira 17 euros par action Paris Orléans, dividende 2011-2012 attaché, aux minoritaires, soit une prime de 4,2% par rapport au cours de clôture d’hier. Allianz, actionnaire de référence, a indiqué qu’il resterait un investisseur de long terme.
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