La recomposition du capital de Monte Paschi rend le marché boursier nerveux
Une partie de poker menteur se poursuit en Italie avec pour enjeu la recomposition du capital de la plus ancienne banque au monde, Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS). Sauf que nul ne semble vraiment tirer les ficelles d’une partie qui a entraîné de fortes variations du cours en Bourse de Milan ces derniers jours: après avoir bondi de 19,2% mercredi, le cours a gagné jusqu’à 11,8% hier avant de clôturer en repli de 1,8%, à 0,2161 euro (soit une capitalisation de 2,5 milliards).
En cause, le sort de la participation de 31,5% du capital détenue par le principal actionnaire, la Fondation Monte dei Paschi. Cette dernière, qui a déjà vendu 2% du capital le mois dernier, avait alors assuré par la voix de sa présidente Antonella Mansi se trouver en discussions avancées avec des investisseurs essentiellement étrangers afin de solder sa position. Cette cession est nécessaire à la fondation afin d’assurer le remboursement de ses créanciers. Or, l’actionnaire doit agir vite, avant une augmentation de capital de 3 milliards d’euros cruciale pour BMPS, une opération que la fondation est parvenue à faire repousser jusqu’en juin.
Les rumeurs de recomposition du capital survenues mercredi ont ainsi tôt fait de susciter une vive réaction boursière, au sujet de laquelle le gendarme italien des marchés, la Consob, a d’ailleurs indiqué avoir lancé une enquête. L’agitation boursière a redoublé hier matin à la parution d’informations de presse concordantes faisant état de la vente par la fondation de 8% du capital à un groupe d’investisseurs parmi lesquels le fonds alternatif Och-Ziff. A la mi-journée pourtant, les démentis de la fondation et du fonds ont fait plonger le cours, provoquant même une suspension temporaire des transactions.
Les deux dernières séances agitées ont vu s’échanger respectivement 12 et 16% du capital. Jeudi matin, la Fondation Monte Paschi a assuré n’avoir effectué aucune transaction la veille et n’avoir signé aucun contrat pour sa part au capital de la banque toscane.
L’étau pourtant se resserre. Pour la fondation comme pour la banque, qui doit impérativement boucler l’augmentation de capital promise afin de rembourser les aides publiques comme convenu avec les autorités européennes et ainsi échapper à une nationalisation. En janvier, le président de BMPS, Alessandro Profumo, avait averti que si la banque ne parvenait pas à mener à bien l’opération, c’est l’ensemble du système bancaire italien qui serait en péril.
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