La reclassification comptable de ses CDS par Erste Bank est un cas isolé
La banque autrichienne Erste Group a annoncé lundi qu’elle attendait des pertes de près de 800 millions d’euros pour cette année. Mais ce n’est pas tant ce virement au rouge qui a intéressé les analystes que la façon dont la banque a modifié la comptabilisation de ses CDS. Elle a dû comptabiliser en juste valeur et non plus au coût amorti les quelque 5,2 milliards d’euros d’assurances contre le risque de défaut de pays ou d’institutions qu’elle détenait. Cette manœuvre a grevé les résultats de 180 millions d’euros et les fonds propres de 310 millions d’euros.
«Ce dernier point, s’il est effectivement lié à une modification des normes comptables comme le soutient Erste bank, pourrait se reproduire pour d’autres banques dans les prochaines semaines», a mis en garde Elie Darwish, analyste chez Natixis.
Erste Bank renvoie en effet à un document publié par le normalisateur comptable international en juillet dernier. Mais il ne s’agit pas tant d’un changement qu’une clarification des règles en vigueur. Dans ce papier, l’IASB explique que les CDS ne peuvent pas être considérés comme des contrats de garanties financières classiques tels que définis par IASB 39 ou IFRS 9 et valorisés au coût amorti. Car «l’événement de crédit qui déclenche le paiement d’un CDS n’est pas forcément lié à l’incapacité à rembourser l’instrument de dette sous-jacent», note le normalisateur. Qui plus est, une garantie ne doit être payée qu’à un acheteur de protection réellement exposé au risque assuré. Or, les détenteurs de CDS ne sont pas obligés de détenir le titre sous-jacent.
Malgré les inquiétudes de certains analystes, la plupart des banques européennes ne devrait pas marcher dans les pas d’Erste Bank. D’après une étude publiée par Goldman Sachs, «la reclassification des CDS de Erste n’est pas un problème».
Les analystes de la banque américaine ont contacté une cinquantaine d’établissements européens. Sur les 36 qui ont répondu, aucun n’avait valorisé des CDS adossés à la dette des pays périphériques au coût amorti. Parmi eux figurent toutes les grandes banques françaises, allemandes, suisses, espagnoles. Au moment où l’étude a été publiée, treize n’avaient cependant pas répondu dont Lloyds Banking Group, UniCredit, Banco Popolare et cinq banques grecques.
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