La recapitalisation des banques européennes met l’accent sur la rétention des bénéfices

En fixant a priori l'échéance à juin 2012, les autorités incitent le secteur à éviter tout recours aux fonds publics nationaux
Alexandre Garabedian

En attendant tous les détails du plan de recapitalisation des banques européennes, économistes et analystes tiraient hier les premières conclusions des arbitrages rendus. Les autorités européennes s’orienteraient vers un besoin en capital à combler de 108 milliards d’euros d’ici à juin 2012, dont «moins d’une dizaine de milliards» pour les banques françaises selon Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France.

«A moins que les banques à faibles ratios tier one ne soient en perte en 2012, plus on leur laisse de temps, plus la recapitalisation se fera à travers la rétention des bénéfices», estiment les analystes de Deutsche Bank. Dans une note publiée hier, Credit Suisse calculait que si les banques n’atteignant pas le ratio core tier one de 9% fixé lors de ces tests supprimaient en totalité leurs dividendes 2011 et 2012, elles pourraient mettre de côté 32 milliards d’euros supplémentaires. Les banques nordiques et espagnoles, ainsi que Natixis, affichent les taux de distribution les plus élevés (supérieurs à 50%).

Le délai de 6 à 9 mois permettrait aussi aux banques de planifier des cessions d’actifs, sans oublier une réduction des bilans. L’hypothèse d’un appel aux marchés ne viendrait que dans un second temps - d’autant que le secteur traite en moyenne à 0,7 sa valeur comptable 2011 selon Credit Suisse. Le recours aux Etats ou à la Facilité européenne de stabilité financière (EFSF) serait un pis-aller. «Les restrictions au modèle d’activité, les changements de dirigeants et les limites de rémunération imposées aux banques qui appelleraient des fonds publics les inciteront à trouver d’abord d’autres solutions», résume RBS.

De manière générale, la question du renflouement des banques est jugée aujourd’hui moins essentielle qu’il y a quelques semaines encore. «La taille de la recapitalisation a peu d’importance, tant que les primes de risque de défaut sur les Etats ne sont pas stabilisées, ce qui renvoie à la réforme de l’EFSF», indique Jacques Cailloux. Pour ces mêmes raisons, réactiver comme en 2008-2009 les garanties d’Etat sur les émissions de dette bancaire ne ramènerait pas forcément le calme sur le marché monétaire. «Il faudrait que ces garanties soient accordées par des Etats solvables et liquides sur le long terme, ce que nous ne voyons pas pour le moment», souligne Christoph Rieger, stratégiste taux chez Commerzbank.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...