La réassurance monte en puissance au Moyen-Orient et en Afrique du Nord
Les réassureurs s’ouvrent de nouveaux horizons. A l’heure où les marchés européens pâtissent d’une croissance atone, les acteurs tournent désormais leurs regards vers les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Selon une étude présentée hier par la Qatar Financial Centre Authority (QFCA) lors des «Rendez-vous de Septembre» à Monte-Carlo, la réassurance est en effet promise à un avenir radieux dans cette vaste région (qui inclut également la Turquie). «Cette région continue d’être un marché attractif pour les réassureurs mondiaux et locaux, alors que les primes de réassurance devraient continuer à croître dans les années à venir», a estimé Shashank Srivastava, directeur général de la QFCA.
Réalisée auprès de 38 réassureurs et courtiers implantés dans ces pays, l’étude met en exergue que 53% des sondés s’attendent à ce que les primes de réassurance enregistrent une croissance plus rapide que celle du produit intérieur brut (PIB) de la région. Faible exposition aux catastrophes naturelles, forte croissance économique et des projets de construction et d’infrastructures représentant un volume d’actifs de plus de 1.000 milliards de dollars au cours des dix prochaines années sont autant d’atouts pour dynamiser un marché qui, pour l’heure, pèse 12 milliards de dollars en réassurance dommages. «On peut raisonnablement supposer que le secteur pourrait croître de 5% par an en moyenne dans cette région», a même avancé Kai-Uwe Schanz, associé au sein du cabinet Schanz, Alms & Company qui a réalisé l’étude.
De fait, les réassureurs bénéficient à plein de l’expansion rapide de l’assurance dans une région où les primes d’assurance représentent à peine 1,3% du PIB. Entre 2007 et 2012, ces primes sont ainsi passées de 26 milliards de dollars à 44 milliards de dollars, au rythme de 9,1% de croissance par an en assurance vie et de 7,6% en dommages. Une manne qui suscite naturellement l’appétit des réassureurs. D’ores et déjà, un tiers des primes d’assurance dommages est cédé aux réassureurs, cette part atteignant 40% dans les seuls pays du Golfe.
Toutefois, le secteur est confronté à un défi de taille: une abondance de capacités qui induit une concurrence exacerbée et exerce une pression sur les prix et les résultats techniques des réassureurs. Résultat, 66% des personnes interrogées jugent la rentabilité du secteur faible ou très faible dans la région et seulement 24% tablent sur une amélioration dans les douze prochains mois.
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