La réassurance française continue de reculer dans le monde
Chaque année, le constat est identique: le marché français de la réassurance a du mal à résister à la concurrence. «La Place de Paris descend inexorablement. Avec 5,9 milliards de dollars de primes nettes perçues en 2009 et une septième position, elle avait déjà perdu une place au profit du Luxembourg; elle devrait probablement encore reculer en 2010 et passer derrière l’Irlande, ce qui est paradoxal», déplorait hier François Vilnet, président de l’Association des professionnels de la réassurance en France (Apref), lors de sa conférence de presse annuelle. Le Luxembourg et l’Irlande sont les deux marchés qui ont connu les plus fortes progressions ces dernières années.
La position de la Place de Paris est en décalage avec l’activité du marché de l’assurance dans l’Hexagone. En effet, la France occupe le cinquième rang sur le marché des cessions externes, ces affaires que les sociétés françaises d’assurance transfèrent en réassurance à des groupes tiers: il a atteint 7,6 milliards d’euros en 2010. Or, les membres de l’Apref n’ont accepté que 5,25 milliards d’euros de primes (3,5 milliards en assurance non-vie et 1,75 milliard en vie).
La Place de Paris n’a pas su, pour des raisons fiscales notamment, profiter de l’installation croissante de réassureurs bermudiens en Europe, phénomène ayant bénéficié à la Suisse, à l’Irlande et au Luxembourg.
Dans un autre registre, les acteurs de la réassurance sont confrontés à la survenance croissante de catastrophes naturelles et d'événements industriels. «Avec des sinistres assurés compris entre 75 et 80 milliards de dollars, il s’agit du plus lourd semestre depuis une trentaine d’année», souligne François Vilnet. En France, le projet de texte sur les catastrophes naturelles est en consultation. L’Apref devrait y répondre ce mois-ci.
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