La production de crédits immobiliers chute malgré la baisse des taux

Le recul est surtout marqué sur le marché des logements anciens, alors que le prêt à taux zéro a été recentré sur le neuf
Solenn Poullennec
La production des crédits immobiliers chute malgré la baisse des taux. Photo: PHB/Agefi
La production des crédits immobiliers chute malgré la baisse des taux. Photo: PHB/Agefi  - 

La crise économique et les remaniements fiscaux se ressentent sur la production de prêts immobiliers aux particuliers en France. Au cours du troisième trimestre, celle-ci a reculé de 24,3% sur un an, selon l’Observatoire du Crédit Logement/CSA. Et ce malgré la baisse des taux. Le recul de la production est de 16% sur le marché du neuf.

L’Observatoire l’attribue à la refonte du dispositif de prêt à taux zéro plus (PTZ+). Elle atteint 32,6% sur le marché de l’ancien, pour lequel le PTZ+ a été carrément supprimé. «Une telle rapidité, une telle brutalité, on ne les a jamais vues», souligne Michel Mouillart, professeur à l’université Paris Ouest.

Malgré tout, le marché des logements anciens qui représente 60,7% des crédits immobiliers aux particuliers (sur 2001-2010) est en voie de stabilisation, selon l’Observatoire. L’activité pourrait encore se dégrader d’ici au printemps 2013 pour atteindre un plancher, voire repartir doucement ensuite, assure-t-il. Quant aux prix ils continuent d’augmenter légèrement, à 2,3% sur un an au troisième trimestre et l’Observatoire n’attend pas de baisse significative.

Sous l’effet de la crise et de la révision du PTZ+, le marché s’est transformé. Il est de moins en moins accessible aux acheteurs les plus jeunes et les plus modestes. Alors qu’ils représentaient 52,4% des emprunteurs en 2009, cette part tombe à 47,4% en 2012. La sortie des plus jeunes du marché se fait au bénéfice des 35 à 45 ans. De même, la part des ménages ayant un revenu inférieur à deux Smic diminue de 15,8% à 14% des emprunteurs. «C’est un recul considérable», assure Michel Mouillart. Cette désaffection, qui fait progresser l’apport personnel (+6,5% en 2012), se fait au profit des ménages disposant de quatre Smic ou plus. Les jeunes bénéficient moins de prêts pour l’accession à la propriété. Ainsi, 22% des moins de 35 ans ont bénéficié d’un prêt de 25 ans et plus au troisième trimestre contre 31,5% en 2011.

Pourtant les conditions des prêts se sont améliorées, baisse des taux de la BCE oblige. Au troisième trimestre, les taux des crédits immobiliers (nominaux et hors assurances) ressortent à 3,49% en moyenne contre 3,62% le trimestre précédent. Ils se rapprochent ainsi du point bas de novembre 2010 (3,25%). Et la part de la production de crédits réalisée à un taux inférieur à 4% a atteint 91% en septembre 2012 alors qu’elle représentait 48,9% au premier trimestre de l’année.

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