La politique de bonus des banques françaises est sous étroite surveillance

Matignon exige une baisse des bonus pour l’année 2011. Une demande facile à satisfaire au regard du recul des revenus des activités de marché
Florent Le Quintrec

Bonus sous surveillance dans les banques françaises. «Le renforcement des fonds propres doit être leur priorité absolue», a prévenu hier le Premier ministre François Fillon au sortir d’une réunion avec les dirigeants des banques mercredi. Ce rendez-vous visait à s’assurer de la bonne application du volet bancaire de l’accord du 27 octobre qui prévoit notamment un ratio core tier one de 9% à fin juin 2012. «Compte tenu du contexte actuel, elles devront faire preuve de la plus grande modération dans la distribution de dividendes aux actionnaires et en ce qui concerne leur politique de rémunération des dirigeants et de bonus», a assuré le Premier ministre.

François Fillon s’attend donc à des bonus «en baisse significative» au titre de l’année 2011 et prévient que le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, sera chargé de s’en assurer.

Mais même sans les exigences du gouvernement, les bonus devraient fortement baisser. La Fédération bancaire française (FBF) précisait hier que ses membres avaient déjà limité ces rémunérations variables au titre de 2010. «Il en sera de même pour l’année 2011 qui, compte tenu de l’environnement de marché, sera en baisse significative par rapport à 2010», souligne la FBF. Pour l’exercice 2010, BNP Paribas, le Crédit Agricole, la Société Générale et Natixis avaient versé quelque 2 milliards d’euros de bonus à 8.648 dirigeants et salariés. Au premier semestre 2011, le résultat d’exploitation de la BFI de BNP Paribas n’a baissé que de 1,7%, et a même progressé à la Société Générale (+4,8%), mais le troisième trimestre s’annonce mauvais.

François Fillon a également demandé aux banques de présenter avant le 15 décembre un plan détaillé pour atteindre l’objectif de fonds propres de 9%, celles-ci ayant confirmé qu’elles y parviendraient sans apport de capitaux publics.

«Cela ne doit pas se faire au détriment du financement de l’économie de notre pays», a averti le Premier ministre. Les banques françaises s’assureront que «la croissance du crédit se poursuive en cohérence avec la croissance du PIB dans la période à venir», répond la FBF, alors que les encours de crédits aux entreprises ont progressé de 5,1% sur un an. Un suivi trimestriel sera mis en place.

L’International Institute of Finance a toutefois signalé hier que le renforcement des exigences de fonds propres des banques pourrait faire baisser d’au moins 5% les crédits aux entreprises en zone euro.

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