La passation de pouvoir chez BNP Paribas consacre la banque de détail
Le conseil d’administration de BNP Paribas jeudi verra le départ de son président Michel Pébereau, en poste depuis 1993, remplacé par Baudouin Prot, directeur général depuis 2003. Jean-Laurent Bonnafé, DG délégué supervisant la banque de détail, montera d’un cran. Les modalités de cette transition avaient été annoncées à l’assemblée générale en mai dernier.
Ce passage de témoin – qui tourne la page d’un développement continu de la banque, interrompu cette année par la crise de la zone euro – en appelle d’autres. Pourtant, il n’est pas certain que BNP Paribas nomme dès jeudi un successeur à Jean-Laurent Bonnafé. «Le conseil d’administration se réunit pour entériner l’élection des représentants du personnel et la succession de Michel Pébereau et de Baudouin Prot. Il ne vise pas l’ensemble des membres de la direction. La nomination d’un DG délégué supervisant la banque de détail viendra plus tard», croit savoir un administrateur.
On peut néanmoins questionner l’avenir de ce niveau hiérarchique, étant donné que Georges Chodron de Courcel, l’autre DGD du groupe, qui supervise la banque de financement et d’investissement (BFI), sera éligible à la retraite en 2012. Mais rien ne vient confirmer son départ. En outre, le maintien d’une direction déléguée pour la banque de détail a du sens. «Sa suppression n’est pas dans l’air du temps. La banque de réseau est importante dans le contexte actuel, d’autant plus que le groupe possède trois marchés domestiques avec BNL en Italie et Fortis en Belgique. Il est important de coordonner l’ensemble», estime l’administrateur.
Responsable de la banque de détail en France, François Villeroy de Galhau fait toutefois office de successeur naturel à Jean-Laurent Bonnafé. Le retrait de Dominique Strauss-Kahn, dont il a été directeur de cabinet de 1997 à 1999, de la course à l’élection présidentielle, le libère d’une éventuelle tentation politique. Un choix en faveur de Jacques d’Estais, responsable du pôle Investment Solutions (qui couvre les activités de gestion, de banque privée et de services aux investisseurs) ou d’Alain Papiasse, responsable de la BFI arrivé du Crédit Lyonnais en 2004, paraît moins probable. «La banque a structurellement gagné de l’argent grâce à ses réseaux. Nommer François Villeroy de Galhau serait une manière de confirmer que l’avenir est à la banque commerciale et non à la BFI», estime un bon connaisseur de la banque.
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