La nouvelle salve de tests de résistance bancaire en Europe prend du retard
Le rendez-vous est attendu aussi bien par les partisans que par les détracteurs des banques européennes. La BCE s’apprête à établir le premier bilan de santé du secteur dans le cadre de l’Union bancaire en préparation, avant que l’Autorité bancaire européenne (EBA) ne mène à son tour ses propres «stress tests». Mais le processus, que les banquiers centraux espéraient démarrer à l’automne, prend du retard et sera engagé au mieux à la fin de l’année.
La BCE attend toujours la publication des textes européens sur la supervision unique des banques. Espérée à l’origine avant l’été, elle n’interviendra pas avant septembre. Sans cette base juridique, la banque centrale ne peut recruter et mettre en place les équipes qui seront chargées de contrôler les grands établissements entrant dans le champ de l’union bancaire. Beaucoup d’observateurs, notamment dans la sphère anglo-saxonne, espèrent que l’exercice constituera enfin l’opération vérité sur la solidité des banques européennes, souvent protégées par leurs superviseurs nationaux.
La Banque centrale européenne ne mènera cependant pas à proprement parler des tests de résistance sur le modèle de ceux qu’ont pu faire la Réserve fédérale américaine ou l’EBA. Elle concentrera son analyse sur la qualité des bilans, et surtout de certains actifs à problème tels que les portefeuilles gérés en extinction (legacy assets) ou le financement d’industries en crise comme le transport maritime (shipping). Certains critères seulement seront «stressés».
«Il ne s’agira pas d’un stress test complet», précise un proche du dossier. La BCE considère en effet que l’exercice a déjà largement été fait dans les pays où la situation du secteur bancaire est la plus problématique. L’Espagne, par exemple, a déjà eu recours en 2012 à des consultants extérieurs, Roland Berger et Oliver Wyman, pour chiffrer les besoins de recapitalisation de ses prêteurs avec des hypothèses jugées suffisamment conservatrices.
L’EBA, qui a réaffirmé hier les exigences minimales en capital fixées mi-2012 à 61 banques, prendra le relais de la BCE. L’actuel superviseur européen mènera, lui, de vrais tests de résistance. Mais ceux-ci ne concerneront pas, comme lors des éditions précédentes, la solvabilité. L’autorité passera cette fois au crible la liquidité des banques et l’adossement entre leurs actifs et leurs passifs.
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