La Matmut réfléchit à la délégation de ses activités d’épargne

L’assureur, qui a renoué avec les bénéfices, entend travailler avec des partenaires, à l’image de ce qu’il réalise déjà dans ses activités bancaires
Virginie Deneuville

La Matmut, qui fête ses cinquante ans cette année, entend se concentrer sur ses activités d’assurance et réfléchit à déléguer ses activités d’épargne. «Nous sommes en réflexion bien avancée sur le principe. Nous devons travailler sur la mise en œuvre», a indiqué Daniel Havis, président de l’assureur mutualiste.

«L’épargne, ce n’est pas de l’assurance. Je ne pense pas que consommer des fonds propres pour cette activité soit la meilleure chose à faire. Nous pouvons travailler avec d’autres», a poursuivi le dirigeant, faisant le parallèle avec les activités bancaires du groupe. «Nos services bancaires, dans lesquels nous sommes sélectionneurs de produits, fonctionnent très bien», a relevé le dirigeant, la Matmut travaillant notamment avec la Société Générale et la Banque Postale dans le crédit immobilier.

Les encours de la Matmut en épargne - assurance vie s’élevaient à 550 millions d’euros début avril, contre 480 millions d’euros à fin 2010. La collecte s’est établie à 260 millions d’euros l’an passé, a indiqué Daniel Havis.

Parmi les grands chantiers de 2011, les travaux liés à l’entrée en vigueur de la directive Solvabilité 2 resteront au cœur des priorités. «Nous pouvons transformer cette échéance en opportunité concurrentielle», a estimé Daniel Havis, sans toutefois donner plus de précisions. A fin 2010, la marge réglementaire de la Matmut, dont les fonds propres ont progressé de 1,8% à 1 milliard d’euros, correspondait à 3,9 fois le minimum réglementaire.

«Nous travaillons également sur notre schéma ‘cross canal’ entre téléphonie, internet et les agences, et sur l’accroissement des volets assurance de personnes avec Matmut Vie et Matmut Santé», a ajouté le dirigeant.

Sur 2010, la Matmut a renoué de justesse avec les bénéfices. L’assureur a dégagé un bénéfice net de 13,5 millions d’euros, contre une perte de 56 millions un an plus tôt sous le coup d’importantes catastrophes naturelles telles que les tempêtes Klaus et Quinten. «Beaucoup de provisionnements avaient été passés en 2009. Des reprises ont été effectuées», a indiqué Daniel Havis.

Le chiffre d’affaires combiné a progressé l’an passé de 13,3% à 1,8 milliard d’euros. Le ratio combiné du groupe s’est amélioré, passant de 111% à 103,7% à fin 2010. «En non vie, ce ratio s’élève à 100,5%, contre 108%» à fin 2009, a précisé le président.

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