La manne du Livret A ne profite pas suffisamment à la production de crédits
En présentant hier le bilan 2013 de l’épargne réglementée, la Banque de France a une nouvelle fois plaidé pour une «transmission de la politique monétaire» de la Banque centrale européenne (BCE), sous-entendu une baisse du taux du livret A le 1er août prochain. «La BCE a baissé deux fois agressivement ses taux depuis la dernière fois que le taux du Livret A a bougé» en août 2013, rappelle Christian Noyer.
Le gouverneur de l’institution souhaite «un retour si possible vers une automaticité de la fixation du taux», décidé par Bercy sur simple recommandation de la Banque de France.
Pour relancer l’économie, et notamment le secteur de la construction, «il faut que les offices HLM aient des marges de manœuvre» grâce à des conditions de prêts plus attractives, déclare Christian Noyer. Les encours des crédits financés par l’épargne du Livret A, du LDD et du LEP centralisée à la Caisse des Dépôts (CDC) ont tout de même progressé de 11% l’an dernier, à 158 milliards d’euros, mais ils restent inférieurs de 100 milliards aux ressources disponibles. Il existe aussi de fortes disparités entre les secteurs. La production de prêts au logement social et à la politique de la ville a bénéficié de la baisse du taux du livret A de l’été 2013 (de 1,75% à 1,25%), tandis que le financement des infrastructures a pâti de la fin des enveloppes mises en place en 2008. Les prêts réglementés signés par les banques (prêts locatifs sociaux, etc) ont quant à eux chuté de 48%, à 1,3 milliard d’euros.
Avec l’épargne non centralisée, les établissements de crédit ont également diminué l’an dernier leurs nouveaux crédits au PME (de 78 à 75,1 milliards d’euros). Le stock est quant à lui resté stable, à 288,7 milliards d’euros, malgré la restitution aux banques de 30 milliards d’euros puisés dans le fonds d’épargne de la CDC. Les établissements réclamaient une moindre centralisation de l’épargne réglementée qu’ils collectent pour le compte de la CDC, mais cette manne a visiblement plutôt servi à renforcer leurs réserves de liquidité, en prévision des règles de Bâle 3.
Pour autant, «accumuler des fonds centralisés en excédent n’a pas d’utilité», estime Christian Noyer, interrogé sur la pertinence d’un deuxième reversement de la CDC. La Banque de France défend aussi la distribution de crédits aux PME. Les encours des banques restent très supérieurs au minimum réglementaire et la demande des entreprises est globalement satisfaite dans l’Hexagone, selon l’institution.
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