La maîtrise des risques pousse Bank of America à sortir du private equity
Bank of America adapte son profil aux exigences de l’après-crise. A en croire une note interne, dont la teneur a été confirmée hier par un porte-parole de la banque, BoA a décidé de scinder son activité de private equity logée au sein du fonds BAML Capital Partners. La grande majorité des 5 milliards de dollars d’actifs concernés correspondent à de la gestion pour compte propre, héritée du rachat de Merrill Lynch.
Les actifs seront progressivement cédés, aucun nouvel investissement n’étant envisagé de la part de BoA. Cette dernière devrait verser une commission de gestion à la nouvelle entité, qui pourrait faire entrer de nouveaux clients externes. Le Financial Times avance que, dépourvu de référence à BoA dans son nom, le fonds sera «relancé fin juin». Une source citée par Bloomberg souligne que le fonds a déjà versé 2 milliards de dollars aux investisseurs au premier trimestre et 5 milliards en 2010. La banque avait déjà scindé, de la même manière, l’an passé le fonds de private equity de middle-market Banc of America Capital Investors, devenu Ridgemont Equity Partners.
La scission dévoilée cette semaine répond à diverses pressions, toutes liées à la maîtrise des risques et à l’allocation du capital. BoA entend tout d’abord recentrer ses activités vers celles où elle détient une position de force sur le marché, particulièrement la gestion de fortune ou la banque d’investissement, sous la baguette du directeur général Brian Moynihan. Le porte-parole, Jerry Dubrowski, a ainsi reconnu que la banque a «récemment» jugé que «le private equity n’était pas stratégiquement crucial pour notre activité à l’avenir». Au regard d’une «modeste activité d’investissement» actuellement, la scission «prenait tout son sens».
Mais les législateurs tant américains qu’internationaux veillent tout autant au grain.Outre-Atlantique, la règle Volcker vise à limiter drastiquement la gestion pour compte propre. Surtout, l’horizon des normes internationales édictées par le Comité de Bâle semble guider la stratégie des établissements financiers. Pour BoA notamment, les réserves en capital requises pour des activités risquées n’en vaudraient plus la chandelle. Déjà le mois dernier, BoA s’est vu refuser par la Réserve fédérale le droit d’augmenter son dividende sous l’argument que la banque devait préserver son capital.
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