La holding de tête d’Espirito Santo se tourne vers le redressement judiciaire
Au sein de la nébuleuse Espirito Santo, la holding de tête est tombée. Espirito Santo International (ESI), installée au Luxembourg, a fait part vendredi de sa mise en redressement judiciaire. «Ce régime de gestion contrôlée permettra à la société de défendre les intérêts de ses créanciers d’une manière transparente et ordonnée sous la supervision de la justice et des responsables accrédités», a souligné ESI dans un un communiqué. Cela favorisera «un processus de gestion de la valeur des actifs pour les créanciers qui sera plus adéquat qu’une liquidation rapide et massive», a ajouté la holding.
Pour mémoire, ESI détient la totalité du capital d’une autre holding luxembourgeoise, Rioforte Investments, elle-même propriétaire à 100% d’Espirito Santo Irmao SGPS, basée au Portugal. Cette dernière entité possède 49,26% d’Espirito Santo Financial Group (ESFG), actionnaire à 20,1% de Banco Espirito Santo (BES) aux côtés du français Crédit Agricole (14,6%). Les déboires d’ESI ont commencé en mai dernier, lorsqu’un audit de la banque centrale portugaise a mis au jour certaines irrégularités comptables tout en attestant d’une situation financière «grave».
Le sort des créanciers est aujourd’hui en jeu puisque BES est exposée à hauteur de 1,18 milliard d’euros à l’ensemble des holdings du conglomérat. Les clients particuliers de son réseau ont notamment acquis pour 255 millions d’euros de billets de trésorie émis par ESI. L'établissement s’est voulu rassurant en promettant un mécanisme de remboursement. «La banque, via son réseau commercial, contactera de manière proactive les clients» qui ont acheté de tels titres, a affirmé BES dans un communiqué adressé hier au Wall Street Journal.
Ces clients particuliers sont par ailleurs exposés aux autres entités du groupe : 342 millions d’euros pour Rioforte Investments, qui doit également demander prochainement sa mise en redressement judiciaire, 44 millions pour des filiales de Rioforte et 212 millions pour ESFG et ses filiales. Soit une exposition totale de 853 millions d’euros. Quant aux investisseurs institutionnels, qui ne devraient pas avoir de traitement de faveur en raison de leur «grande capacité d'évaluation du risque», leur exposition totale dépassait au 10 juillet les 2 milliards d’euros, dont 511 millions liée à ESI.
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