La hausse des créances douteuses de CCB jette le doute sur l’immobilier chinois
La qualité des actifs devient aussi un souci d’inquiétude en Chine. China Construction Bank (CCB), la deuxième banque mondiale en termes de valeur de marché et spécialiste du financement des projets d’infrastructures, a annoncé lundi une hausse du bénéfice net de 26% à 134,8 milliards de yuans (14,5 milliards d’euros) en 2010, tiré notamment par une hausse du produit des intérêts, qui représente 80% du résultat opérationnel, de 19% à 251,5 milliards de yuans. Pas assez pour les analystes qui attendaient une progression de 139 milliards de yuans.
Mais ce sont surtout la hausse des provisions pour créances douteuses qui ont jeté le trouble chez les investisseurs, faisant chuter l’action de 2,9% en séance. Elles ont atteint 29,3 milliards de yuans, contre 25,5 milliards en 2009, tirant la part de créances à risque dans le total des prêts à 2,52%, juste au-dessus du minimum de 2,5% imposé par les autorités. «Il existe une incertitude de la part des marchés pour déterminer si la hausse des créances douteuses est liée à une détérioration de la qualité des actifs ou un simple provisionnement dans l’optique du durcissement des règles de fonds propres», juge Patrick Pong, analyste chez Mirae Asset Securities à Hong Kong. CCB s’est contenté d’indiquer que la part des créances douteuses liées à l’immobilier avait «légèrement» augmenté.
Moody’s avait déjà mis en garde contre le fait que la hausse des pressions inflationnistes devrait conduire à une hausse des taux d’intérêt et donc à un rebond des créances douteuses. Néanmoins, «les résultats solides, les réserves importantes, et de nouvelles levées de capitaux devront permettre de compenser la qualités des actifs» tempère l’agence. CCB a ainsi levé 9,2 milliards de dollars en 2010, faisant ainsi monter son ratio de fonds propres à 12,68% fin décembre, contre 11,64% fin septembre 2010.
La hausse du ratio de réserve obligatoire à 20% commence à porter ses fruits. CCB anticipe ainsi un ralentissement de ses prêts en yuan à 13% en rythme annuel en 2011, contre 18% en 2010 et 27% en 2009. Globalement, les financements d’investissements immobiliers en Chine ont ralenti à 16% en rythme annuel en janvier/février, contre un rythme de 25% en décembre 2010. Les autorités espèrent que la hausse des impôts sur l’immobilier et la construction de logements sociaux seront suffisants pour calmer la flambée des prix.
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