La gestion des risques émergents reste un exercice délicat pour les entreprises
L’ombre des risques émergents fat planer une menace sur les entreprises. Ces dernières en ont bien conscience mais peinent encore bien souvent à identifier ces risques et à s’y adapter en permanence, selon les résultats du baromètre publié par l’assureur ACE.
L'étude, réalisée auprès de 650 risk managers dans quinze pays de la zone EMEA (Europe/Moyen-Orient/Afrique), est publiée quelques semaines avant la tenue du 5 au 7 février des 22es Rencontres de l’Amrae (Association pour le management des risques et des assurances de l’entreprise) sous le thème du «Risk management sans frontière».
Cette notion de la mondialisation du risque se trouve certes au cœur des préoccupations des responsables interrogés par ACE. 45% d’entre eux (41% en France) placent en effet les risques d’approvisionnement et d’infrastructures comme les plus susceptibles d’avoir un impact financier sur l’activité de leur entreprise au cours des deux prochaines années. Une vision qui ne surprend pas Nadia Côté, directrice générale d’ACE en France, qui souligne que si l’internationalisation des approvisionnements «a permis de réduire les coûts», elle a également fait perdre aux entreprises «toute visibilité sur les zones de risque». La dirigeante clame que nombre de sociétés «dépendent d’infrastructures fragiles, de la sécurité des fournisseurs internationaux d’énergie et d’électricité, et d’autres facteurs qui représentent un risque financier considérable».
Les risques environnementaux se placent en deuxième position en termes d’impact financier potentiel (42%, en première position en France à 45%), selon le baromètre, l’enjeu s’étant diffusé à l’ensemble des secteurs d’activité. Viennent ensuite, à égalité avec 40% des suffrages, le cyber-risque et celui de responsabilité des dirigeants, «redevenu d’actualité» à la faveur de la crise.
Autant de risques émergents, souvent interdépendants, encore insuffisamment couverts selon ACE, bien souvent par manque de sensibilisation. L’assureur a réalisé en 2013 en France 41% de son activité sur le segment du middle market, ces clients ni TPE/PME ni grands comptes affichant un chiffre d’affaires d’au plus 500 millions d’euros. L’étude indique que le manque d’intérêt de l’équipe dirigeante (à 57%) et le manque de compétences et de ressources humaines (46%) sont considérés comme les principaux obstacles à une gestion pertinente des risques scrutés.
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